| |
Actualité du
24 juin 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Une crise en cache une autre
Bujumbura le 24 juin 10 (SurviT-Banguka)
La crise sociopolitique qui secoue le Burundi semble coiffer
une autre, tout aussi ravageuse qui couve au sein de l’armée
et de la police. Elle est liée au retard cumulé,
observé dans le paiement des soldes des uns et des
autres. C’est en effet depuis plus de trois mois que
les militaires et les policiers ne perçoivent pas
régulièrement leurs soldes de fin des mois.
Comme l’on peut se l’imaginer, ils sont tous
fous de rage. Le gouvernement qui, des années durant,
avait pris la fâcheuse habitude de tripoter sur leur
dû, quitte à ne leur donner que le reste. Mais
ces magouilles ont mis la puce à l’oreille du
gendarme de la finance mondiale, en l’occurrence le
Fonds Monétaire International. Cette Institution de
Bretton Woods a tapé sur la table et a ordonné à Bujumbura
d’y mettre de la lumière. Pour y voir plus clair,
le gouvernement burundais a simplement gelé les paiements.
Entre temps c’est la toute nouvelle coopérative
d’épargne
et de crédit pour l’autodéveloppement
(CECAD) qui avance les sous. Mais jusqu’à quand.
C’est là la grande question.
Burundi-élections
Le Chef de l’Etat burundais vante les succès
du premier scrutin.
Bujumbura le 24 juin 10 (SurviT-Banguka)
Le président burundais, Pierre Nkurunziza, continue à narguer
la communauté internationale en vantant la transparence,
la liberté et la sécurité qui ont caractérisé les élections
communales du 24 mai. C’est pourtant connu de tous,
ce scrutin a été émaillé de plusieurs
irrégularités. C’est pourquoi il est
contesté. C’est aussi pour cette raison que
les partis d’opposition ont décidé de
boycotter le prochain scrutin des élections présidentielles
attendu précisément le 28 juin. Mais Nkurunziza
fait sourde oreille. Pire encore : il veut embarquer la communauté internationale
dans sa logique. Alors que le Burundi n’est qu’à son
premier scrutin, Nkurunziza dépêche déjà ses émissaires
au Kenya pour vanter les bonnes conditions de déroulement
du processus. La ministre Hafsa Mossi chargée des
Affaires liées à la Communauté d'Afrique
de l'Est (EAC), et le général Evariste Ndayishimiye,
chef d'état-major en charge des questions militaires
auprès du bureau de
la présidence, viennent de lui faire part des progrès
du processus électoral en cours au Burundi. Après
ce contact, le président Kibaki a déclaré avoir
noté que "les élections communales et
municipales au Burundi avaient été jugées
conformes aux standards internationaux par les observateurs
de la communauté internationale". Mais n’a
pas non plus caché sa préoccupation par rapport à la
position adoptée par différents partis d’opposition
burundais à l'égard du processus électoral
en cours.
Burundi-sécurité
Inquiétude et incertitude dans le pays.
Bujumbura le 24 juin 10 (SurviT-Banguka)
Le départ de l’ex-Chef rebelle Agathon Rwasa,
couplé du de la déclaration des partis membres
de l’alliance démocratique pour le changement
qui menacent de saboter le processus électoral, a
fait monter l’adrénaline à Bujumbura.
La population redoute la reprise des tueries. Le cauchemar
devrait démarrer ce week-end. Car l’opposition
a officiellement annoncé que le scrutin en cours n’a
aucune validité dans la mesure où il n’engage
qu’un seul candidat et qu’il est organisé par
une commission électorale indépendante dangereusement
corrompue. Selon des informations qui circulent déjà au
lendemain du départ du président du FNL, plusieurs
dizaines de démobilisés et d’autres jeunes
désoeuvrés se seraient évanouis dans
la nature. Un projet de perturbation de la sécurité est
bien perceptible. Les dégâts seront sans doute
immenses car au moindre déclic, la police va se ruer
sur des innocents pour doubler ses habituels crimes de vols,
viols et autres atrocités dont elle
est coutumière. Mais curieusement, en dépit
de cette grisaille ambiante, le Chef de l’Etat reste
serein. Il poursuit énergiquement sa campagne pour
son élection attendue le 28 juin. La Commission électorale
n’arrête pas de la rassurer, arguant que toutes
les conditions logistiques et sécuritaires sont réunies
pour le bon déroulement des élections. Pour
montrer qu’elle est toujours en selle, la CENI a convoqué une
réunion des partis politiques, le 23 juin, afin de
plancher sur le partage des sièges au niveau des conseils
communaux. Mais les partis invités ne se sont pas
bousculés pour entrer car seuls trois partis politiques,
en l’occurrence le CNDD-FDD, le MRC et l’UPRONA,
y ont pris part. L’UPRONA n’a pas encore ouvertement
manifesté sa position par rapport à la participation
aux conseils communaux. « Ce sont les organes du parti
qui vont décider », explique toujours l’honorable
Bonaventure Niyoyankana, président
de l’UPRONA. Gélase Ndabirabe, Secrétaire
Général du CNDD-FDD semble anticiper sur cette
position en annonçant que son parti régnera
avec l’UPRONA. Nous nous partagerons des sièges
au niveau des conseils communaux », conclut il.
|
|