| |
Actualité du 24
août 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-droits de l’homme
Les démons de la torture refont
surface
Bujumbura le 24 août 10 (SurviT-Banguka)
Les autorités burundaises ont beau museler la société civile,
les dérapages de ses miliciens commis sous le signe du service
de renseignement finissent par être connus. Certes, Mme Neilla
Goshal est partie, mais Human Rights Watch garde un œil plus
que jamais rivé sur le Burundi et les droits de l’homme
qui y sont quotidiennement violés. D’autres défenseurs
des droits de l’homme lui emboitent le pas pour dénoncer
les exactions du pouvoir au terrain des droits de l’homme.
Dans sa déclaration du 23 août 10, Amnesty International
demande au gouvernement burundais d’enquêter sur des
allégations selon lesquelles « des membres des forces
de sécurité de l’État ont torturé 12
politiciens de l’opposition lors des élections qui
se sont récemment déroulées dans le pays ».
Son rapport est intégralement repris dans un document intitulé « Un
pas en arrière ». Cette organisation décrit
comment ces personnes ont été giflées et ont
reçu des coups, de pied et de matraque notamment, sur tout
le corps. Certaines ont déclaré avoir été menacées
de mort et, dans un cas, une partie de l’oreille d’un
détenu a été sectionnée alors qu’il était
incarcéré au siège du Service national de
renseignement (SNR), à Bujumbura, entre le 23 juin et le
5 juillet.
«
Les informations faisant état de cas de torture au Burundi
s’étaient faites plus rares ces dernières années,
et la résurgence de ces sévices constitue un recul
très perturbant », déclare Erwin van der Borght,
directeur du programme Afrique d’Amnesty International.
«
Il est inacceptable que des actes aussi abjects que ceux
qui sont imputés à des membres des forces de sécurité de
l’État restent impunis ; si l’enquête
confirme que certaines personnes ont commis des actes répréhensibles,
elles doivent être poursuivies », poursuit-il.
Selon des sources concordantes, les personnes torturées étaient
des membres de partis d’opposition, en l’occurrence
le FNL et le MSD. Mais le SNR nie ces allégations de torture,
arguant que les marques visibles sur le corps des intéressés étaient
le résultat de leur opposition à leur arrestation.
Jusqu’ici, les autorités burundaises n'ont pas encore
ouvert d’enquête, bafouant ainsi leurs obligations
au titre du droit national et international, car la torture a été érigée
en infraction dans le code pénal burundais de 2009. « L’investiture
du président Pierre Nkurunziza le 26 août donne au
gouvernement burundais l’occasion de s’engager à en
finir avec l’impunité, » a ajouté Erwin
van der Borght. Le président doit publiquement condamner
la torture et déclarer que tous les fonctionnaires, y compris
les agents du SNR, commettant, ordonnant ou validant des actes
de torture seront poursuivis, quel que soit leur grade».
Pour terminer, Amnesty International demande au gouvernement burundais
de veiller à ce que le SNR et le reste de la fonction publique
respectent à l'avenir le droit international relatif aux
droits humains et le droit burundais.
Burundi-élections
Le CNDD-FDD veut aussi faire main basse
sur les collinaires.
Bujumbura le 24 août 10 (SurviT-Banguka)
Il n’y a aucun combat à négliger,
illustre le parti présidentiel, CNDD-FDD, au Burundi. Au
lendemain d’un raz de marée électoral qui l’aura
maintenu au pouvoir dans des conditions encore obscures,
ce parti semble déterminé à peser dans la
balance jusqu’au
dernier scrutin portant sur l’élection des chefs de
collines/quartier. Pourtant, la commission électorale nationale
indépendante (CENI) s’évertue toujours à rappeler
que les partis politiques ne devraient pas s’impliquer dans
ces dernières élections qui, déclare le commissaire
chargé de l’information, font uniquement appel aux
candidats indépendants. Le CNDD-FDD ne l’entend pas
de cette oreille. Il veut subtilement placer ses hommes jusqu’au
niveau du quartier ou de la colline. C’est ainsi que ses
militants ou plus exactement ses miliciens battent campagne,
non sans arrogance ou violence. Dans la commune urbaine de Musaga
(mairie
de Bujumbura), les candidats CNDD-FDD aux collinaires qui
sont aussi des démobilisés ou ex-combattants FNL
new look (version Emmanuel Bagaya) sèment la terreur, la
nuit, en prétendant carburer pour le compte du Service National
de Renseignement. Le 20 août dernier, ils ont tiré sur
un étudiant de l’Université du Burundi qui
déambulait dans les parages. Selon de nombreuses autres
informations constamment relayées par les médias
privés et colportées par les associations de la société civile,
cette même scène s’observe dans de nombreux
autres coins du pays. En province de Cibitoke, les candidats
chefs de collines sont triés sur le volet sous forte influence
du CNDD-FDD. Pour barrer la route aux autres aspirants que
le parti ne maîtrise pas, la police les accuse de tous les
maux avent de les embastiller, le temps de la campagne ou, le cas échéant,
du scrutin. C’est dans cette perspective qu’une dizaine
de personnes viennent d’être arrêtées
au quartier Swahili, chef-lieu de la province Cibitoke. La
police a fait irruption dans la maison où ces personnes,
de religion musulmane, prenaient du thé et les a embarqués
dans leur véhicule, destination prison. Ces infortunés
ont ceci de commun qu’ils étaient tous candidats aux
collinaires du 7 septembre. Reste que la campagne pour ce
scrutin a commencé le 22 août 2010 à 6hoo pour
se boucler le 4 septembre 2010 à 18h00. Burundi. Il faut
enquêter
sur les personnes accusées d’avoir torturé des
politiciens de l’opposition.
|
|