| |
Actualité du 25 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-réconciliation
Controverse autour du processus de consultations nationales.
Bujumbura le 25 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Le Comité tripartite (Gouvernement, Nations Unies et Société civile)
de pilotage des consultations nationales a bouclé la boucle
en décembre dernier après avoir fait le tour de toutes
les provinces du pays. Les membres du Comité de Pilotage
se disent largement satisfaits du déroulement de tout le
processus. Mais les observateurs de la société civile
sont restés sur leur soif en raison notamment du huis clos
qui a prévalu pendant les auditions des enquêtés. « Notre
organisation avait été déléguée
par la société civile pour observer le déroulement
des consultations jusque dans le moindre détail, mais c’est
avec regret et pincement au cœur que nous avons été mis à la
porte des consultations, car nous n’avons pu écouter
ni les questions, ni les réponses qui ont été données
par les personnes enquêtées, raison pour laquelle
nous redoutons une possible manipulation des résultats au
moment de la rédaction du rapport définitif »,
s’indigne Raymond Kamenyero, Secrétaire Exécutif
du Forum pour le Renforcement de la Société Civile
(FORSC). Au niveau de la forme, de nombreux autres citoyens ne
font pas mystère de leur réserve par rapport à l’organisation
de ces consultations. « Les personnes enquêtées
sont estimées à trois mille cinq cent et sur un effectif
de huit million de Burundais, dans la mesure où elles ont été choisies
dans des conditions encore obscures, il y a lieu de se demander
la valeur de leurs avis », poursuit Raymond Kamenyero. Dans
le but de croiser les points de vue des uns et des autres sur les
perspectives de ces consultations qui précèdent la
mise en place des mécanismes de justice transitionnelle
(Tribunal Spéciale et Commission Vérité/Réconciliation),
la ligue des droits de l’homme « Iteka » vient
d’organiser un débat/café de presse sur la
question. Les représentants des partis politiques et les
activistes de la société civile avaient été conviés
aux débats. Pour Gérard Nduwayo, consultant, le pouvoir
a sciemment berné la population en lui parlant de la Commission
Vérité-Pardon en lieu et place de la Commission Vérité-Réconciliation. « En
réalité, c’est un abus de langage volontairement
entretenu par le parti au pouvoir pour mettre en exergue l’idée
de pardon alors qu’il y a des crimes inamnistiables et imprescriptibles
par essence », fait-il remarquer. De l’avis de Mme
Alice Nzomukunda, Présidente du parti « Alliance pour
la Démocratie et le Renouveau, le parti au pouvoir ne veut
pas entendre parler de l’idée de justice. « Je
sais que quand j’étais encore membre du CNDD-FDD,
l’ONU et le Gouvernement burundais s’entendaient bien
sur la question mais le CNDD-FDD a commencé à tiquer
dès que l’ONU a évoqué la question de
Tribunal Spécial chargé de plancher sur les crimes
inamnistiables et imprescriptibles, les leaders du parti au pouvoir
savaient pertinemment qu’ils se retrouveraient automatiquement
dans le collimateur dudit Tribunal », explique-t-elle. De
l’avis du parti UPRONA, l’idée même de
consultations nationales pour mettre en place le Tribunal Spécial
ou la Commission Vérité/réconciliation est
pour le moins étonnante. « Ce sont des manœuvres
dilatoires imaginées par le pouvoir pour retarder la mise
en place de ces mécanismes, car rien ne justifie ces consultations
nationales étant donné que le Tribunal et la Commission étaient
déjà prévus dans le fameux Accord d’Arusha
pour la paix et la réconciliation et même dans la
constitution qui a été validée par voix référendaire
; le peuple burundais s’est déjà exprimé sur
les deux questions, il ne reste plus qu’à appliquer
ce qu’on s’est convenu de faire et je vous promet que
le parti UPRONA en fera une de ses priorités s’il
gagne les élections de 2010 », indique Bonaventure
Gasutwa.
Burundi – Enseignement
Les enseignants de l’ENS ont le blues
Bujumbura le 25 janvier 10 (SurviT-Banguka)
A l’Ecole Nationale Supérieure (ENS), le personnel
enseignant a le blues. Il menace de tout plaquer pour acculer le
gouvernement à supprimer les profonds écarts de salaires
entre les enseignants de l’Université du Burundi et
ceux de l’ENS. Le préavis de grève est déjà lancé et
la machine pourrait se caler dès le 3 février. C’est
du moins le contenu d’un communiqué publié par
la commission syndicale de l’ENS, dénommée « Cercle
du personnel enseignant de l’Ecole normale supérieure
(CPE-ENS) ». Cette structure informe en effet la direction
de l’école, les étudiants et le public en général,
que si cette revendication ne trouve pas satisfaction avant le
2 février prochain, tous les enseignants observeront un
arrêt de travail à partir du 3 février 2010.
Le CPE-ENS rappelle que ces revendications concernent l’harmonisation
des barèmes salariaux avec ceux du personnel enseignant
de l’Université du Burundi qui sont en application
depuis le mois de septembre 2009. Les enseignants de l’ENS
attendent toujours cette harmonisation qui, par ailleurs, a été prise
en considération lors de la loi budgétaire de 2010.
Le personnel enseignant de l’ENS prend à témoin
les différentes correspondances qui ont été envoyées à l’autorité de
tutelle qui, précise-t-il, avait rassuré que la situation
devrait être débloquée avant la fin de l’année
dernière.
|
|