| |
Actualité du 25 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
La libération d’Alexis Sinduhije suscite un ouf de soulagement au sein de l’ADC-Ikibiri.
Bujumbura le 25 janvier 12 (SurviT-Banguka)
C’est un sérieux camouflet pour le pouvoir CNDD-FDD. La Tanzanie a fermé les yeux sur le ridicule montage
ourdi par la police burundaise pour happer le président du parti MSD, en s’astreignant à l’unique lecture du droit. Elle
a eu le courage de libérer l’opposant politique que les agents de la Documentation burundaise attendaient de pieds fermes
sur le sol tanzanien depuis plus d’une semaine, quitte à le faire disparaître en cours de route. En agissant ainsi,
la justice tanzanienne et, d’une manière générale, le pouvoir tanzanien, ont donné une leçon de gouvernance à la République
bananière du Burundi.
Cette courageuse décision soulage particulièrement les acteurs sociopolitiques burundais qui redoutaient
une issue tragique pour le président du MSD. « Nous saluons le courage de la Tanzanie qui a refusé de tomber dans le piège
du gouvernement burundais qui ne rêve que de se débarrasser systématiquement de tous ses opposants au lieu de penser aux
stratégies de développement intégral du pays », a réagi Léonce Ngendakumana, président du parti FRODEBU et de l’ADC-Ikibiri.
Du côté de la société civile, c’est le même sentiment de soulagement et de satisfaction par rapport à la sérénité qui a
caractérisé le gouvernement tanzanien dans cette affaire. «Nous pensons que c’est aussi un appel du pied lancé à la justice
burundaise ou plus exactement aux magistrats burundais qui se ridiculisent en se laissant guider ou téléguider par les
décideurs politiques, ils vendent leur conscience et le monde entier les regarde avec mépris et honte », confie, Pacifique
Nininahazwe, délégué général du Forum pour le renforcement de la société civile.
Selon Maître Bernard Mainguin, un des avocats d’Alexis Sinduhije, le Gouvernement burundais en sort
littéralement mouillé et son image est sensiblement écornée. « je m’étonne encore de ce qu’au lendemain de l’arrestation
d’Alexis Sinduhije, le gouvernement burundais s’est empressé pour dire qu’il n’y était pour rien et qu’il n’y a aucune
charge contre ce citoyen burundais, mais quelques jours après, la justice a clamé haut et fort, disant qu’un mandat d’arrêt
international avait été lancé contre Alexis Sinduhije depuis le mois de septembre dernier, comme si la justice burundaise
était déconnectée du reste du gouvernement, c’est ridicule», confie l’avocat belge.
A la veille de sa libération, Alexis Sinduhije avait écrit une lettre à tous les Burundais, pour leur dire qu’il était
victime d’un rocambolesque montage. «J’ai enquêté sur le dossier Kassy Manlan avec le soutien du CNDD-FDD et ils savent
bien que les coupables dans ce dossier sont libres et ils les connaissent, le bouc-émissaire allait être une certaine
Gertrude Nyamoya, pour me faire taire, ils ont tué mon cousin qui habitait chez moi et c’est là que j’ai décidé d’exiler
ma famille, ils le savent bien et je demande aux Burundais de rester sereins, dans quelques mois, le pays va renouer avec
la véritable démocratie et la paix sera effective », avait-il laissé entendre depuis son lieu de détention.
Burundi-sécurité
Les rebelles frappent à l’ouest.
Bujumbura le 25 janvier 12 (SurviT-Banguka)
Le Gouvernement burundais a finalement reconnu que des groupe armés, qualifiés officiellement de « terroristes »
ont attaqué à l’est du pays en province de Cankuzo. Des innocents ont été sacrifiés en les faisant passer pour des assaillants,
complices ou guides. Mais dans le même temps, l’armée et la police ont vanté leurs exploits en affirmant que les assaillants
sont réduits à néant. Pourtant, les attaques rebelles ne se dissipent pas pour autant. Car des éléments armés sont aussi signalés
au sud du pays ainsi qu’à l’ouest.
Leur dernier forfait est d’ailleurs annoncé en province de Cibitoke où ils ont fait une fulgurante attaque du 22 au 23 janvier
vers 21heures. Il y aurait eu de sérieux dégâts. Là aussi, la police affirme que les assaillants qui se sont évanouis dans la nature,
direction RDC, y ont laissé des ailes. La police fait état d’un mort et d’un blessé dont les corps ont pu être emportés par les
compagnons/rebelles de l'autre côté de la rivière Rusizi en République démocratique du Congo (RDC). La population a passé la nuit
dans une peur panique, craignant d'être victime de ce genre d’attaque dont les auteurs sont notoirement des Burundais organisés en
bandes rebelles en provenant de la RDC. Vue de l'administration en commune Buganda, cette attaque montre qu'il faut renforcer la
trilogie « population-administration-forces de l'ordre » pour contrecarrer ceux qui perturbent la sécurité et prévenir que certains
habitants abandonnent leurs ménages.
|
|