| |
Actualité du 25 février
2010 (SurviT-Banguka)
Burundi- détournement de fonds publics
La ministre de la Fonction publique mouille sa chemise
devant les députés
Bujumbura le 25 février 2010 (SurviT-Banguka)
Ca aura été un difficile grand oral pour Mme Annonciate
Sendazirasa, ministre burundaise en charge de la fonction publique.
Invitée le 25 février par les députés
au palais des Congrès de Kigobe pour s’expliquer sur
le fameux dossier « fonctionnaires fictifs », la ministre
a été incapable de répondre directement et
correctement aux questions des élus du peuple. Les différentes
interrogations des députés avaient pourtant le mérite
d’être claires, d’autant qu’elles s’articulaient
principalement sur les chiffres. L’enquête sur les
fonctionnaires fictifs révèle un effectif qui avoisine
2000 sur un total de 73 mille fonctionnaires ; qu’attendez
vous pour sévir, notamment en vers ceux qui cumulent les
salaires ? Dans un premier temps, la ministre tranquillise les
députés, moyenne les chiffres et ne reconnaît
que 744 fonctionnaires fictifs. Soit, rétorque l’assemblée,
qu’attendez-vous pour sévir et combien de fonctionnaires
qui cumulent réellement les salaires, mise à part
l’ancienne ministre des droits de l’homme Rose Nduwayo
? Moi j’ai une liste de 14 fonctionnaires, nous devrions
passer à la sanction, répond-elle sans être
sûre d’elle-même. Selon des sources proches du
président de la république, Pierre Nkurunziza, le
dossier repose bien dans son tiroir et les gros poissons qui se
font payer plus de deux fois sont dans sa propre formation politique.
Deux noms sont ouvertement cités, en l’occurrence
les ministres de la Défense Nationale et des Anciens Combattants,
ainsi que celui de la Sécurité Publique. Les deux
noms sont d’ailleurs cités au palais de Kigobe. La
ministre de la Fonction publique n’en disconvient pas mais
elle tente de clarifier les choses. « Ce sont là des
fonctionnaires pas comme les autres car ils ont le droit de choisir
entre deux salaires » risque Mme Sendazirasa. Là-dessus,
l’honorable Nyangoma lui demande simplement de jeter l’éponge
et de démissionner. Jamais, se venge la ministre, toi aussi
tu as été ministre de la fonction publique, c’est
toi qui devrais commencer à démissionner car les
fonctionnaires fictifs étaient aussi là à ton époque.
Burundi-sécurité
Les Nations Unies tiennent le pays à l’œil
Bujumbura le 25 février 2010 (SurviT-Banguka)
Une mission de la commission des Nations Unies pour la consolidation
de la paix est en visite au Burundi. Le 25 février 2010,
elle a rencontré les organisations de la société civile
pour échanger sur le contexte actuel marqué par la
fièvre électorale. Les organisations de la société civile
n’ont pas caché leur inquiétude face au risque
de basculer dans un autre cycle de violences. Elles demandent à la
communauté internationale de ne pas baisser la garde et
de rappeler aux autorités burundaises que les auteurs de
massacres ou d’autres formes de violations des droits humains
seront poursuivis par la justice internationale. Le chef de la
délégation a, quant à lui, indiqué que
la communauté internationale a déjà dépensé plusieurs
milliards de francs burundais dans le cadre du processus de paix
au Burundi, si bien qu’elle ne va pas accepter qu’on
badine avec la paix déjà acquise. Plus que tout autre
pays, le Burundi est quasiment obligé de rester sage face
aux exigences de la communauté internationale dans la mesure
où elle vit de son aide, il ne doit pas se comparer avec
les pays comme le Kenya qui ne reçoit que 5% d’appui
extérieur au niveau de son budget, a-t-on martelé.
Au Burundi, la visite de cette mission conduite par l’Ambassadeur
Peter Maurer (Suisse), président de la Configuration Burundi
au sein de cette commission, a pour objectifs de faire le point
de l’état d’avancement des préparatifs
des prochaines échéances électorales, de faire
le suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale
de réintégration socio-économique des groupes
vulnérables. Cette délégation va également
discuter de la préparation de la quatrième revue
biannuelle du Cadre stratégique de consolidation de la paix
au Burundi. Par ailleurs, les membres de la commission rencontreront
les plus hautes autorités gouvernementales, celles du parlement,
les gouverneurs de province, les membres des Corps diplomatique,
les représentants des partis politiques représentés
au parlement, diverses organisations et associations de la société civile,
les membres de la Commission électorale nationale indépendante
(CENI) ainsi que diverses partenaires du développement du
Burundi, précise le communiqué.
|
|