Pierre Nkurunziza rempile pour une autre législature

Bujumbura le 26 août 10 (SurviT-Banguka)

Et de deux pour Pierre Nkurunziza. C’est parti pour un autre mandat de cinq longues années. Pour mettre plus d’emphase à cette législature, l’armée a fait tonner les 21 coups de canons. Une première dans l’histoire du pays. Les nombreux Burundais qui ne rêvaient que d’un autre régime plus démocratique devront désormais prendre leur mal en patience. Le CNDD-FDD y est resté. Sous l’égide du même Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza. Comme dit plus haut, ce dernier a solennellement prêté serment le 26 août 10. A l’échelle planétaire, seul le Chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame a daigné rehausser, de sa présence, les cérémonies marquent son investiture, en tant que Chef de l’Etat.

Dans son discours circonstanciel, l’ancien et nouveau président burundais a, comme à ses habitudes, promis de se donner, sans compter, pour ramener la paix et la sécurité dans le pays. « Nous allons tout faire pour mettre en place les mécanismes de justice transitionnelle notamment la commission vérité/réconciliation et pour ce qui est de la corruption et des autres cas de malversations économiques et financières, il s’agira désormais de la tolérance zéro », a notamment déclaré le chef de l’Etat burundais dans son bref discours. « J’y reviendrai dans mon discours à la nation au lendemain de la formation de mon gouvernement », conclut-il, un brin laconique. Les réactions des autres acteurs sociopolitiques ne se sont pas fait attendre. Selon Pacifique Nininahazwe, Pierre Nkurunziza inquiète quand, parlant par exemple des mécanismes de justice traditionnelle, il refuse obstinément de glisser un mot sur le tribunal spécial pour juger les auteurs/ commanditaires des crimes graves qui ont endeuillé les Burundais.

« J’ose espérer que c’est un simple oubli, mais je dois dire que j’ai aussi eu l’occasion de l’écouter à plusieurs reprises ; Pierre Nkurunziza ne fait jamais mention du tribunal spécial chargé de plancher sur les crimes graves comme le génocide et les autres crimes contre l’humanité ; mais je dois avouer qu’il est impossible, pour le Burundi, d’arriver à la phase de réconciliation véritable sans que la justice ait sa place », fait-il remarquer. Le Délégué Général du Forum pour le renforcement de la société civile note aussi que le Chef de l’Etat n’a fait que réitérer ses vœux pieux du premier mandat. « Il avait promis de traquer les auteurs de cas avérés de malversations et de corruption, mais il n’a même pas pu mettre la main sur ceux qui ont vendu son propre jet, Falcon 50, c’est franchement absurde », poursuit-il. Mais le discours du président de la République est quand même apprécié, à sa juste valeur, par l’honorable Bonaventure Niyoyankana, président du parti UPRONA.

« Le président de la République a prononcé un discours qui nous rassure, nous disons, au niveau de l’UPRONA, que s’il parvient à réaliser tout ce qu’il a promis dans son discours à l’occasion de son investiture, il aura mis en œuvre certains points qui composent le projet de société du parti UPRONA, nous nous en réjouissons d’ores et déjà », fait-il remarquer. Reste que sur une quarantaine de délégations attendues à Bujumbura pour assister à l’entrée en fonction du nouveau président de la République, seule la moitié a répondu favorablement. Les pays qui y avaient dépêché leurs représentants sont notamment l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, la RDC, la Zambie, l’Angola, le Nigeria, le Congo Brazza, l’Afrique du sud, la Somalie, le Kenya ; ainsi que quelques autres représentants des organisations comme l’Assemblée de la Communauté Est Africaine (EALA) et la League Arabe.

Pour avoir été trop critiques à l’égard du pouvoir pendant son premier mandat, les organisations de la société civile n’ont pas été véritablement associées à l’événement. « Seules cinq organisations de la société civile ont reçu, dans la nuit du 25 août, une invitation pour aller assister aux cérémonies d’investiture du Chef de l’Etat burundais, mais je dois regretter qu’au niveau du palais des Congrès de Kigobe, il n’y avait aucune place réservée pour les représentants de la société civile, le protocole leur a demandé d’aller assister depuis l’extérieur, cela reste quand même symbolique si ce n’est pas par oubli », analyse Pacifique Nininahazwe, du Forum pour le renforcement de la société civile.



 
     
     
     
     
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