Actualité du 27 juillet 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-justice

Les magistrats burundais sous le joug de l’exécutif

Bujumbura le 27 juillet 10 (SurviT-Banguka)

Les magistrats burundais ont décidément du mal pour s’affranchir de l’emprise de l’exécutif. Ce dernier s’immisce trop dans les dossiers judiciaires et menace constamment les magistrats insoumis. Nombre d’entre eux ont déjà quitté la magistrature pour d’autres horizons professionnels. Les dossiers judiciaires qui illustrent cette pesanteur de l’exécutif sont légion. Prenons quelques cas récents. Ce n’est plus un secret pour personne, le dossier lié à l’assassinat de Ernest Manirumva, ancien vice-président de l’observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), est toujours sujet à controverse. C’est quasiment une affaire d’Etat, puisqu’elle implique les gros poissons de la police et de l’administration, essentiellement dans les rangs CNDD-FDD, parti aux affaires dans le pays. Depuis plusieurs jours, ce dossier a été transmis à la justice. Les juges ont siégé le 14 juillet dernier, à la grande satisfaction des organisations de la société civile et de la famille du disparu. Tous les prévenus dans ce dossier ont comparu et leurs avocats ont demandé une libération provisoire. Avant même que les juges ne se prononcent sur cette demande, deux des trois magistrats du siège viennent d’être mutés dans d’autres services. Ce jeu de chaises musicales ramène à la surface l’épineuse question de l’indépendance de la magistrature. Dans un système politique qui se veut démocratique, il y a une nette séparation des trois piliers majeurs du pouvoir, à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire. En cette occurrence, la justice est sous l’insoutenable pesanteur de l’exécutif. Ce dernier s’immisce à souhait dans le traitement des dossiers sensibles. C’est ainsi que le fameux principe de l’inamovibilité des magistrats est volontiers mis en veilleuse au Burundi. Le cas de ce dossier « Ernest Manirumva » dont le siège vient d’être dispersé dès la première audience est loin d’être isolé. L’on a encore en mémoire l’affaire Alexis Sinduhije. Les magistrats qui ont blanchi cet ancien journaliste devenu opposant politique ont été sérieusement malmenés. Alors qu’ils prestaient initialement au parquet de la République en mairie de Bujumbura, ils ont été tous mutés dans des coins lointains, à l’intérieur du pays pour avoir osé dire le droit. Pire encore, l’un d’entre eux, Remesha Semanzi, a failli être lynché par des policiers commués en tueurs à gage et agissant sur commande de la police présidentielle. Dans cette même logique judiciaire, l’on évoque l’affaire Salvator Nsabiriho, du nom de ce citoyen de Kayanza, mortellement frappé par les policiers qui assurent la garde de Senel Nduwimana, gouverneur de Kayanza. L’un des magistrats qui planchaient sur le dossier a été muté à Bujumbura, simplement parce qu’il était réfractaire aux ordres de l’autorité qui voulait forcément blanchir le gouverneur Senel Nduwimana. Ce dernier est effectivement blanc comme neige dans ce dossier. Et d’ailleurs, cerise sur le gâteau, il vient d’être élu député dans la circonscription de Kayanza. Pourtant, ce n’est plus un secret pour personne, c’est ce même gouverneur qui a ordonné aux policiers qui assuraient sa garde de lyncher Salvator Nsabiriho.

Burundi-élections sénatoriales

Le Président de la CENI se fout du quorum

Bujumbura le 27 juillet 10 (SurviT-Banguka)

Malgré le tollé de protestations encore perceptible dans les rangs de l’opposition, le marathon électoral se poursuit au Burundi. A peine rentrée des législatives, la population est de nouveau convoquée pour les élections sénatoriales. Comme on le sait déjà depuis belle lurette, le rendez-vous est fixé au mercredi le 28 juillet. Contrairement aux autres scrutins, les élections sénatoriales impliquent exclusivement les conseillers communaux élus le 24 mai dernier. Le reste de la population vaque à ses occupations quotidiennes. Seuls les partis U¨PRONA et CNDD-FDD sont impliqués dans ces consultations. Les autres partis qui avaient décoché des sièges au niveau des conseils communaux se sont rétractés pour dénoncer les massives fraudes ayant entouré ces élections. Selon Pierre Claver Ndayicariye, président de la CENI, les élections auront lieu quel que soit le nombre de conseillers qui y prendront part. «L’opération devrait être vite faite car cette fois là, nous n’aurons pas besoin des quotas pour organiser les élections », se félicite-t-il. Il s’agira donc d’élire 34 sénateurs, soit deux par province. A cela s’ajoute quatre anciens Présidents (Jean Baptiste Bagaza, Pierre Buyoya, Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye) et trois sénateurs de l’ethnie twa qui seront cooptés. La future chambre haute du parlement sera ainsi composée de 41 sénateurs.


 

 
     
     
     
     
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Le site web tutsi.org relooké
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Nyangoma Léonard appelle au génocide des Tutsis.
Ambassadeur Ngendanganya Jean fournit un plan de guerre.
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