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Actualité du 28 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Le 1er Vice-Président de la République s’en
va encore tenter de calmer les ardeurs des miliciens CNDD-FDD au
nord.
Bujumbura le 28 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Il y a quelques mois, le Dr Yves Sahinguvu, premier Vice-Président
de la République du Burundi s’envolait pour Kirundo
au nord du Burundi pour dissuader les nombreux jeunes miliciens « Imbonerakure » (miliciens
du parti présidentiel, CNDD-FDD), qui par leurs entraînements
paramilitaires, terrorisaient dangereusement le reste de la population
non acquise à la cause du parti et menaçaient la
sécurité de toute la région. Grâce à l’intervention
du Docteur Yves Sahinguvu, ils ont pu rentrer dans les rangs. D’où une
relative accalmie observée depuis sa première visite
l’année dernière. Mais les démons de
la rébellion n’ont pas cessé pour autant de
hanter les jeunes Imbonerakure, pur produit d’un mouvement
rebelle catapulté au sommet de l’Etat par la force
du canon mais avec un léger vernis de démocratie.
Musclés et militairement entraînés, les Imbonerakure
sont donc revenus à la charge. Sous la supervision directe
de l’honorable Jean Baptiste Nzigamasabo (alias Gihahe),
un ancien caporal de l’armée burundaise (camp Muzinda)
qui a regagné le maquis en 1995 pour rejoindre le camp des
réfugiés de Rukore, en Tanzanie sous label FDD. Il était
chargé de la mobilisation et de l’encadrement idéologique
des réfugiés qu’il drainait vers le mouvement
rebelle afin de lancer un assaut final sur le Burundi natal. Selon
les témoignages concordants de ses anciens compagnons d’horreur,
Jean Baptiste Nzigamasabo était nul sur terrain. La seule
fois qu’il a tenté d’attaquer les ex-FAB, il
y aurait laissé une bonne partie de son pied. A son retour
au pays en 2003, Jean Baptiste Nzigamasabo avait le grade de colonel.
Son cas a été longuement discuté lors l’intégration
des combattants car il était impensable qu’un ancien
caporal qui a échoué en 5ème année
primaire puisse intégrer la nouvelle force de défense
réunifiée avec un grade de colonel. Le colonel rebelle
a été donc démobilisé, mais tout en
gardant son arme et ses deux agents de transmission (AT) pour lui
assurer l’escorte. En guise de remerciement pour ses services
rendus, le CNDD-FDD l’a mis en position utile au moment des
législatives de 2005. C’est donc ce député-rebelle
au passé controversé qui fait la Une des médias
locaux au Burundi. C’est aussi pour le remettre à sa
place que le premier vice-président de la République
a demandé au ministre de l’Intérieur Edouard
Nduwimana de se rendre à Kirundo le 28 janvier 2010 pour
y tenir une réunion de haut niveau sur la recrudescence
de la violence. Il se fait accompagner par tous les députés élus
dans cette circonscription. Mais compte tenu de l’appui des
plus hauts responsables de l’Etat que bénéficie
l’honorable Jean Baptiste Manwangari, il ne sera pas facile
de calmer les ardeurs des Imbonerakure qui ont la mission de semer
le trouble dans le pays.
Burundi-réconciliation
Zoom sur la justice de transition ici et ailleurs
Bujumbura le 28 janvier 10 (SurviT-Banguka)
L’Unité justice de transition de l’Office du
Haut Commissariat aux Droits de l’Homme au Burundi a animé,
le 27 janvier 2010, une causerie sur la justice de transition.
Les débats étaient centrés sur le thème « Mettre
en œuvre le droit à la vérité à travers
la mise en place d’une Commission vérité et/ou
réconciliation (CVR) ou d’un mécanisme d’établissement
de la vérité ». Selon M. Pie Ntakarutimana
de l’unité «Justice de transition », le
Burundi a, à l’instar de nombreux autres pays qui
sont passés par la même spirale de violences, centrer
ses enquêtes sur les violations que la société dans
son ensemble et les victimes en particulier jugent les plus graves
et qui doivent être examinées sans délais.
Quand à la justice ordinaire, elle devrait prendre en compte
des cas non traités par la Commission. Pour illustrer ses
propos par le vécu de certaines sociétés africaines,
Pie Ntakarutimana y va à coups d’exemples : certaines
sociétés envisagent, après des barbaries humaines
(crimes de génocide, crimes contre l’humanité et
crimes de guerre), des commissions pour établir la vérité,
une causerie débat qui rassemblait les représentants
des syndicats, des médias et des associations de défense
des droits de la personne humaine. La communauté a également
droit de savoir ce qui est arrivé aux différentes
personnalités publiques. C’est aussi valable au Burundi,
explique Pie Ntakarutimana. Les durées de fonctionnement
des commissions ont varié essentiellement entre une année
et deux ans. En Argentine par exemple, le mandat de la commission
se limitait à enquêter sur les disparitions de personnes.
Au Chili, son mandat se limitait aux graves violations des droits
de l’homme ayant comme résultat la mort des victimes,
excluant de facto un certain nombre de violations comme les actes
de tortures. La commission chilienne a traité les actes
perpétrés aussi bien par des agents étatiques
que par la subversion armée. Au Salvador, la commission
a travaillé sur 6 mois pour 11 années (de 1980 et
1991).
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