Actualité du 28 juin 10 (SurviT-Banguka)

Burundi-élections présidentielles

Exit le multipartisme, bonjour la tyrannie.

Bujumbura le 28 juin 10 (SurviT-Banguka)

Les Burundais sont de nouveau convoqués pour élire leur président. Mais contrairement au flux massif de votants observé lors du dernier et premier scrutin, ils ne se bousculent pas pour aller plébisciter l’actuel président de la République, unique candidat en lice après le désistement des autres candidats navrés par les fraudes massives qui ont émaillé les élections communales du 24 mai, sur fond de complicité de la commission nationale électorale (CENI). La population est tétanisée, consciente que le pays s’achemine inéluctablement vers un régime totalitaire et foncièrement tyrannique. A coup sûr, les voix discordantes seront systématiquement étouffées. A vrai dire, le scrutin de ce lundi est sans aucun suspens. Pierre Nkurunziza est, a priori, rassuré de sa victoire. Mais faute de concurrents, ce sera une victoire sans gloire ; au dos du peuple auquel il a volé la victoire. L’e pays est manifestement sous tension.Selon des sources administratives et policières, certains habitants des provinces du Nord (Kirundo, Muyinga, Ngozi, etc.) ont pris le large vers le Rwanda voisin, pour ne pas se faire lyncher par les miliciens Imbonerakure du CNDD-FDD au cas où ils refuseraient de voter. Un climat de terreur est aussi perceptible dans la mairie de Bujumbura où les nuits sont régulièrement ponctuées par des crépitements d’armes et autres explosions de grenades. Les bistrots et autres lieux publics sont devenus des mouroirs. Comme pour prouver que nul n’est à l’abri du danger, des grenades ont explosé, la nuit du 27 juin, dans la commune urbaine de Rohero, à quelques mètres du bâtiment qui héberge les observateurs de l’Union Européenne (avenue Muyinga). Selon de nombreux analystes, la dérive autoritaire guette dangereusement le Burundi. « Cela me rappelle un certain Adolphe Hitler dont le parti unique a été démocratiquement élu et qui a plongéle monde entier dans un débâcle planétaire ; c’est ainsi que les gens devraient faire attention car même avec un vernis de démocratie, un parti unique qui contrôle tout et décide tout est toujours source de dérive », fait remarquer le politologue Julien Nimubona.

Burundi-élections

Boycott et vive tension dans le pays

Bujumbura le 28 juin 10 (SurviT-Banguka)

Les leaders de l’opposition qui ont appelé leurs militants à rester chez eux le jour des présidentielles ont fait mouche. Car les Burundais semblent avoir pris la décision de rester chez eux. C’est en tout cas remarquable dans plusieurs bureaux de vote éparpillés dans le pays. Dans la commune urbaine de Kanyosha, fief historique du leader rebelle Agathon Rwasa, les lieux de vote sont étaient vides jusqu’à 10 heures du matin. A la même heure, les militaires étaient plus nombreux que les électeurs dans la commune de Rugazi, province Bubanza où des tirs nourris ont été entendus. Cela a sérieusement suscité la panique générale dans la région et le déroulement des élections a, du coup, été provisoirement interrompu. La police et l’armée sont sur les trousses des fauteurs de troubles. Dans cette même perspective, des grenades ont explosé la nuit dernière. Ce qui laisse entendre que le terrain est miné. Pour le généralAlain Guillaume Bunyoni, ministre burundais de la Sécurité Publique, l’essentiel est que ceux qui décident de voter le fassent dans le calme et la sérénité. L’aspect sécuritaire semble préoccuper le pouvoir qui soupçonne l’opposition d’initier des actions pour empêcher les gens d’aller élire librement le président de la République. En commune urbaine de Cibitoke, plusieurs personnes ont été arrêtées et mis au noir. La police les accuse d’avoir incité la population à ne pas participer au vote. Les partis FNL, UPD et MSD sont particulièrement dans le collimateur du parti au pouvoir. C’est ainsi que six militants du MSD, dont la Secrétaire Générale du parti, Odette Ntahiraja, ont été arrêtés par la police dans un bistrot. Ils ont été conduits au cachot de la police pour s’expliquer sur leur projet « de perturber la sécurité des électeurs ». De nombreux autres militants de l’opposition sont en prison.Dans la province de Ngozi, le président du FNL a été arrêté ce dimanche, accusé de détenir des armes à son domicile. Au sud du pays, en province de Makamba, d’autres militants du même parti sont en prison.

 
     
     
     
     
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