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Actualité du 29 décembre 09 (SurviT-Banguka)
Burundi-budget
Les députés burundais se moquent de la misère
qui assaille la population et la société civile s’indigne.
Bujumbura le 29 décembre 09 (SurviT-Banguka)
L’Assemblée Nationale a adopté, le 28 décembre
09, le projet de loi des finances pour l’exercice 2009. C’est
une loi essentiellement budgétivore qui subordonne la production à l’aisance
des hauts dignitaires. Ce précisément cette injure à la
misère de la population qui a poussé l’honorable
Jean Baptiste Manwangari, député du parti UPRONA, à voter
contre cette loi. « C’est une loi qui consacre beaucoup
d’argent aux dépenses inutiles, notamment dans les
frais de missions des dignitaires, leur intendance, leurs véhicules
de luxes, etc. au moment où les secteurs clé de production
comme l’agriculture, l’énergie, etc. sont dangereusement
négligés », explique-t-il.
Par rapport au budget révisé 2009, celui de 2010
connaît une augmentation de 1,53 %. C’est un budget
de plus de 861 milliards de francs burundais, assorti d’un
déficit de 132,661 milliards de FBu en raison notamment
de l’augmentation des salaires qui passent de 186,743 milliards à 212,441
milliards et de la baisse sensible des dons. Les enseignants devraient
continuer à broyer du noir car leur régularisation
est remise à plus tard. «Une seule année budgétaire
ne pourra pas supporter ces charges estimées à environ
29 milliards, sans faire déraper le programme de facilité pour
la réduction de la pauvreté et pour la croissance
(FRPC) », explique la ministre des Finances.
Mais paradoxalement, le même budget fait une part belle
aux ministres et autres parlementaires au chapitre de leur indemnisation.
Pour arriver à combler le profond déficit, le gouvernement
burundais en mal d’appui extérieur a pris l’option
de sucer sans vergogne son peuple. C’est ainsi que le prix
du nouveau passeport est désormais fixé à 220.000
Fbu contre 50.000 Fbu auparavant.
Le 24 décembre 2009, les députés burundais
avaient massivement approuvé deux autres projets de loi
portant respectivement « modification de certaines dispositions
de la loi n°1/09 du 9 décembre 2004 portant fixation
du régime des indemnités et avantages des parlementaires
en fin de mandat ainsi que le régime de leur inéligibilité,
incompatibilité et sécurité sociale » et « fixation
du régime des indemnités et avantages du Président
de la République, des Vice-présidents de la République
et des membres du gouvernement ainsi que leurs indemnités
et sécurité sociale à la fin de leur mandat ».
Selon les dispositions de ces deux lois qui viennent d’être
adoptées par l’Assemblée Nationale, les parlementaires
et les membres du gouvernement percevront respectivement des indemnités équivalant à une
rémunération de quatre et trois mois. Les organisations
de la société civile déplorent énergiquement
cette attitude des élus qui ne tiennent aucun compte des
défis majeurs qui assaillent la population. C’est
ainsi que l’Observatoire de l’Action Gouvernementale
(OAG) a adressé, le 29 décembre 2009, une lettre
au Président du Sénat, pour attirer son attention
sur les appétits gloutons des députés qui
n’ont fait que s’accorder des avantages aussi inouïs
qu’inacceptables.
« Dans le contexte actuel, rien ne saurait justifier des
avantages aussi faramineux pour les parlementaires en fin de mandat
et les membres du Gouvernement en fin de fonction. A l’échelle
internationale, le monde entier fait face à une terrible
récession économique qui force plutôt à se
serrer la ceinture au lieu de majorer les indemnités des
parlementaires et des ministres déjà très
bien payés. Le flux des aides et des investissements envers
le Burundi subissent naturellement l’onde de choc de cette
crise financière. Au niveau interne, la pauvreté est
devenue chronique et l’immense majorité de la population
tire le diable par la queue ; tant et si bien qu’il serait
indécent pour les mandataires politiques de se doter des
montants exorbitants en guise d’indemnités. Ces deux
lois votées allègrement par les députés
seront rapidement appliquées dans un contexte de climat
social plutôt tendu, marqué notamment par une série
de revendications syndicales pour exiger la mise en application
des textes convenus entre le Gouvernement et les syndicats en vue
d’améliorer les conditions de travail aujourd’hui
précaires (modicité de salaire). Mais le gouvernement
a du mal à calmer ces ardeurs et son argument massue reste
toujours le manque de moyens financiers », écrit le
Président de l’OAG, Onesphore Nduwayo.
Tenant compte de tous ces paramètres aussi exogènes
qu’endogènes, cette organisation demande au Sénat
d’amender profondément ces projets de loi afin qu’ils
soient véritablement en phase avec la situation financière
du pays, de lever le flou qui entoure ces projets de loi en précisant
explicitement les bénéficiaires de ces indemnités
sans qu’il y ait d’éventuels cumuls d’indemnités
préjudiciables à la caisse de l’Etat et de
proposer des indemnités qui ne soient pas considérées
comme une injure à la misère qui assaille l’immense
majorité de la population burundaise.
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