| |
Actualité du 30 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-sécurité
Autre faux putsch, autres opposants sur le grill
Bujumbura le 30 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Le pouvoir CNDD-FDD finit comme il a commencé. Alors que
les plaies infligées en juillet 2006 aux innocents (Kadege,
Ndarisigaranye, Nkunzima, Rufyikiri et consort) sont encore béantes,
voilà que le parti présidentiel s’invente une
autre rocambolesque histoire de complot montée de toutes
pièces pour noyer l’opposition gênante. Le soir
du 29 janvier 2010, le général Godefroid Niyombare,
chef d’état major de l’armée, a personnellement
supervisé une prétendue opération commando
pour mettre la main sur une dizaine de militaires qu’il a
présentés comme étant entrain de préparer
un coup d’état. La scène à la western
s’est déroulé aux abords du lac Tanganyika,
non loin du Snack Bar « La Pirogue ». Le général
Niyombare a en effet alerté tous les médias locaux
pour braquer leurs projecteurs sur un groupe de jeunes en tenue
de sport, massés sur le sable, posant en véritables
putschistes. Le général s’était fait
accompagné par une armada d’autres militaires surarmés,
en tenues civile et militaire pour immobiliser les prétendus
comploteurs. Tels qu’ils ont été montrés à la
télévision, les insurgés étaient quasiment
de l’unique ethnie tutsie et le général y a
fait allusion dans son message aux médias. « Ce sont
des gens qui ne sont pas contents des réformes en cours
car ils ont largement profité de l’injustice qui a
caractérisé le pays pendant plusieurs années,
c’est ainsi que ces nostalgiques du passé veulent
nous faire retourner en arrière ; nous les suivons depuis
un certain temps et comme tout semblait indiquer qu’ils sont
sur le point de mettre leur sale projet à exécution,
nous avons décidé de les arrêter pour les en
empêcher ; nous mènerons nos enquêtes pour démasquer également
ceux qui les appuient et nous les connaissons bien », a expliqué le
général Godefroid Niyombare, sourire aux lèvres.
Manifestement,
le pouvoir veut créer la confusion générale
dans le pays, arrêter et lyncher les opposants susceptibles
de lui porter ombrage au moment des prochaines élections
et retarder éventuellement ces élections que le CNDD-FDD
ne saurait gagner. Des têtes vont certainement tomber et
le ministre de l’Intérieur l’avait récemment
annoncé en parlant d’un certain complot en préparation. « Il
y a des gens qui veulent chasser le CNDD-FDD au pouvoir par force,
mais nous nous défendrons jusqu’à la dernière énergie »,
avait-il déclaré.
Burundi-sécurité
Inquiétantes allusions du ministre de l’Intérieur
Bujumbura le 30 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Edouard Nduwimana, ministre burundais de l’Intérieur,
vient de susciter une fois de plus un grand émoi au sein
de l’opinion en évoquant un prétendu projet
de coup d’état naturellement ourdi par les machiavéliques
acteurs politiques de l’opposition. « Le gouvernement
est bien préparé pour se défendre contre tous
ceux qui veulent le chasser par force, nous ne reculerons devant
personne fût-il Alexis Sinduhije et nous tenons à le
dire aux Burundais et au monde », a déclaré,
le 27 janvier 2010, Edouard Nduwimana, ministre de l’Intérieur,
au cours d’une réunion avec les leaders de partis
politiques. Annoncée par un membre du gouvernement supposé être
au parfum des projets phare du parti présidentiel, cette
idée de putsch en perspective a étranglé l’auditoire
de stupeur. Car le parti CNDD-FDD en mal d’audience peut
en profiter pour réprimer les opposants dans le sang prétextant
encore un putsch en préparation. Du coup, le président
du MSD, Alexis Sinduhije, a réagi pour étayer sa
pensée sur cette idée de révolte populaire à laquelle
le ministre fait effectivement allusion. « Aucun pouvoir
ne peut contenir la révolte populaire et les Burundais vont
finir par se révolter et je dois vous dire que le Burundi
est seulement malmené par une dizaine d’individus,
c’est inacceptable », a-t-il déclaré.
Burundi-sécurité
La police nationale du Burundi est accusée de carburer
pour le parti présidentiel
Bujumbura le 30 janvier 10 (SurviT-Banguka)
C’est devenu trop voyant à Kirundo, au nord du Burundi
: au lieu d’être des garants de l’ordre et de
la sécurité de tous, les cadres et agents de la police
sont devenus de véritables militants du parti présidentiel,
CNDD-FDD. Pire encore, l’administration provinciale chapeautée
par Juvénal Muvunyi, n’est pas du tout à la
hauteur de la tâche. D’où le chaos et l’anarchie
ambiants. C’est aussi le constat mal assumé du ministre
burundais de l’Intérieur, Edouard Nduwimana qui, sur
ordre du 1er vice-président de la République, Yves
Sahinguvu, a effectué une descente au chef de lieu de la
province de Kirundo pour parler sécurité et administration
aux côtés des parlementaires de cette circonscription
et des leaders de l’armée et de la police. A cette
occasion, la population de Kirundo n’a pas mâché ses
mots : les policiers y sont vus comme des fauteurs de trouble et
le gouverneur est incapable de s’imposer face à l’arrogance
de l’autre envoyé de spécial du CNDD-FDD à savoir
l’honorable Jean Baptiste Nzigamasabo. Des représentants
des partis politiques de l’opposition exerçant en
province Kirundo en ont aussi profité pour condamner fermement
la partialité de l’administration, de la police et
le manque d’ascendance du gouverneur de province sur ses
proches collaborateurs. Pour tenter de rassurer la population,
le ministre Nduwimana a annoncé que les manifestations sportives à caractère
politique sont désormais suspendues en province Kirundo
Parmi les raisons qui incitent les jeunes des partis politiques à s’entredéchirer,
il y a le sport de masse, avait signalé le député Manwangari, élu
dans la circonscription de Kirundo. « Si ce sport des jeunes
fait peur à certains, je demande aux administrateurs communaux
de le suspendre immédiatement », a ordonné le
ministre. Cette question, rappelle-t-on, avait alimenté la
polémique depuis trois ans entre les acteurs politiques
de cette province.
Rwanda – Politique
Le chef de la Commission électorale quitte la direction
du FPR, le parti du président Kagame
Bujumbura le 30 janvier 10 (SurviT-Banguka)
Le président de la Commission électorale nationale
rwandaise, Chrysologue Karangwa, vient de démissionner de
ses responsabilités au sein du Front patriotique rwandais
(FPR), le parti du président Paul Kagame. Il reste, cependant,
adhérent du parti. Cet universitaire chevronné était
en effet membre du Comité exécutif national du FPR
depuis sept ans. Selon Radio Rwanda, citant M. Karangwa, cette
démission est due à ses lourdes responsabilités à la
tête de la Commission électorale. Le démissionnaire,
a assuré Radio Rwanda, ne cède pas à la pression
de politiques qui lui reprochaient d'être à la fois "arbitre
et joueur". L'information est également rapportée
par le quotidien progouvernemental, le New Times. Des opposants
rwandais, à l'intérieur du pays ou en exil, avaient
affirmé que la présidentielle prévue en août
ne saurait être libre et démocratique aussi longtemps
que la Commission électorale serait présidée
par un membre de la direction du FPR. Deux opposants, Bernard Ntaganda,
du nouveau Parti social (PS) Imberakuri, et Victoire Ingabire,
des Forces démocratiques unifiées (FDU), ont été déjà désignés
par leur formation politique comme candidats à ce scrutin.
Ils sont cependant accusés par d'autres politiques et plusieurs
associations de tenir un discours divisionniste et de véhiculer
l'idéologie génocidaire, des accusations gravissimes
dans ce pays où les plaies du génocide perpétré contre
les Tutsi d'avril à juillet 1994 sont loin d'être
complètement cicatrisées.
|
|