Actualité du 30 août 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Le président burundais à sort
la liste des membres de son cabinet
Les nouveaux ministres viennent de prêter serment. Il s’agit
d’un gouvernement manifestement soumis à une cure
d’amaigrissement, avec 21 ministres sur 26 dans le précédent
cabinet. Le nouveau gouvernement est composé de vingt et
un ministres, quatorze issus du Cndd-Fdd (parti présidentiel
au pouvoir), trois de l'UPRONA (ex-parti unique) et un du Frodebu-nyakuri
(une aile dissidente du parti de l'opposition). Trois ministres
sont dits "apolitiques" : Sécurité publique,
Défense et Justice.
A priori, certains ministères paraissent dangereusement
tentaculaires compte tenu des secteurs de contrôle. C’est
notamment le ministère de l’enseignement de base et
secondaire, de l’enseignement des métiers, de la formation
professionnelle et de l’alphabétisation. Séverin
Buzingo n’aura pas la tâche facile avec les grèves
répétitives des enseignants. Le ministère
du commerce intègre désormais les Postes. Les transports
sont gérés par le ministère des travaux publics
et de l’équipement. L’épineuse question
des droits de l’homme est aussi noyée dans le ministère
de solidarité.
Voici la liste complète du nouveau
Gouvernement :
1• Ministre de l'Intérieur : M. Edouard Nduwimana
2• Ministre de la Sécurité Publique : Commissaire
de Police Alain Guillaume Bunyoni
3• Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération
Internationale : M. Augustin Nsanze
4• Ministre de la Défense Nationale et des Anciens
Combattants : Gén-Major Pontien Gaciyubwenge
5• Ministre des Finances: Mme Clotilde Nizigama
6• Ministère à la Présidence chargé de
la Bonne Gouvernance et de la Privatisation : M. Jean Baptiste
Gahimbare
7• Ministère à la Présidence chargé des
Affaires de la Communauté Est Africaine : Mme Hafsa Mossi
8• Ministre de l'Agriculture et de l'Elevage : Dr Odette
Kayitesi
9• Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la
Recherche Scientifique : Dr Julien Nimubona
10• Ministre de l'Enseignement du Primaire et du Secondaire
: M. Séverin Buzingo
11• Ministre de la Santé Publique et du Sida: Dr
Sabine Ntakarutimana
12• Ministre de la Justice et Garde des Sceaux : Mme Ancilla
Ntakaburimvo
13 Ministre de l'Energie et des Mines : M. Moïse Bucumi
14• Ministre de l'Information, de la Communication et des
Relations avec le Parlement : Mme Concilie Nibigira
15• Ministre du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme
: Mme Victoire Ndikumana
16•Ministre de l'Eau, de l'Environnement, de l'Aménagement
du Territoire et de l'Urbanisme : Ir Jean Marie Nibirantije
17•Ministre des Transports, Postes et Télécommunications
: Dr Saidi Kibeya
18• Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la
Sécurité Sociale : Mme Anonciate Sendazirasa
19• Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture
: M. Jean Jacques Nyenimigabo
20• Ministre de la Solidarité Nationale, du Rapatriement
des Réfugiés de la Reconstruction Nationale, et de
la Réintégration Sociale : Mme Immaculée Nahayo
21• Ministre de la Décentralisation et du Développement
Communal : M. Pierre Mupira
Burundi-sécurité
Pas de fumée sans feu
Bujumbura le 30 août 10 (SurviT-Banguka)
En dépit des assurances de l’armée, des signes
d’insécurité et des velléités
de relance de violence se multiplient dans le pays. En province
de Cibitoke (ouest), la police déclare avoir découvert
deux ligotés et massacrés durant la nuit du 28 août.
La veille, une autre personne avait été lynchée
dans le même secteur. Selon des sources administratives et
policières, un fusil kalachnikov assorti d’un chargeur
garni de 29 cartouches avait également été saisi
après de violents affrontements entre la police et une mystérieuse
bande armée dans la nuit du 26 août vers 19h sur la
colline Bukinga en commune Musigati, province Bubanza (nord-ouest
du Burundi). La victime se prénomme Jackson. La police considère
ce dernier comme étant en complicité avec les assaillants.
Les policiers sont encore sur les trousses de ces assaillants.
Ce groupe armé se serait replié vers Kivyuka dans
la même commune de Musigati. Mais un certain Séverin
Misago, accusé d’être complice de cette bande,
est déjà sous intterrogatoire au niveau de la police
judiciaire à Musigati.
Burundi-génocide
La journée internationale des disparus
ravive les rancoeurs
Bujumbura le 30 août 10 (SurviT-Banguka)
Journée des disparus. C’est le 30
août. Les
Burundais n’avaient jamais officiellement célébré une
telle journée, fut-elle nationale. Mais depuis quelques
jours, certaines organisations appellent tous ceux qui ont
perdu les leurs pendant les différents pogroms à aller
se recueillir, pleurer et partager des témoignages sur leur
chagrin. Officiellement, c’est pour « éveiller
la conscience de l’opinion nationale et internationale sur
les nombreux cas de disparitions et d’exterminations de milliers
de personnes actuellement entassées dans des fausses communes
et de toutes autres victimes d’une exécution extrajudiciaire
et dont les corps n’ont pas encore été retrouvés
par leurs familles pour être enterrés avec rituel
et dignité ». Ainsi, les initiateurs de cette activité sont
notamment les associations Abana b’Uburundi buhire dukire
(ABUBU), l’Association pour la mémoire et la protection
de l’humanité contre les crimes internationaux (APEPCI),
l’Association des veuves et orphelins pour la défense
de leurs droits (AVOD) que préside Mme Kabushemeye, l’Assistance
des victimes et des enfants en Afrique (AVICA), etc. Une
certaine opinion considère que dans le contexte génocidaire
burundais, un tel tapage autour des disparus n’a rien de
philanthropique. Se serait plutôt une démarche feutrée
de raviver les rancoeurs ou de rallumer le feu encore couvant
du génocide. Nul n’ignore que l’histoire récente
du Burundi est émaillée de violences tragiques à caractère
ethnique et génocidaire. Selon les organisateurs de cette
journée, ce serait une occasion de « réveiller
la conscience de la population meurtrie par la schizophrénie
entre la peur et le désespoir, entre le courage et la déception
afin de clamer que l’autorité reconnaisse cette angoisse
chronique d’une fraction importante des Burundais, et facilite
le droit de savoir et de connaître la vérité sur
ce qui est advenu et permettre qu’un jour, les familles des
victimes puissent accomplir le rituel des morts jusqu’à la
levée de deuil définitive et organiser une prière
trans-généalogique ».
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