Actualité du 30 novembre 09 (SurviT-Banguka)

Le président du CNDD-FDD rompt son silence assourdissant

Cela faisait plusieurs mois que Jérémie Ngendakumana, président du parti présidentiel CNDD-FDD, se murait dans un silence assourdissant, muet comme une carpe par rapport aux questions fondamentales qui se posent au Burundi, alors qu’à leur origine se trouve invariablement le parti CNDD-FDD ou plus exactement la fine fleur de ses militants.

Multiplicité des assassinats sélectifs sur fond d’une révoltante impunité, en l’occurrence le lynchage de l’ancien vice-président de l’OLUCOME, Ernest Manirumva ou de Salvator Sabiriho (un citoyen de Kayanza battu à mort sur ordre du gouverneur de cette province), détournements massifs des deniers publics, création et encadrement des milices à vocation terroriste, campagne électorale anticipée, etc.

Le parti présidentiel est mouillé jusqu’au cou. C’est pour tenter de dédouaner que son leader au sommet, Jérémie Ngendakumana, est sorti de ses gonds pour animer, le 27 novembre 09, une conférence de presse. Il s’est particulièrement appesanti sur quatre questions qui alimentent l’actualité du moment au Burundi. Il y a d’abord la lancinante question des jeunes miliciens dits « Imbonerakurea », encadrés et militairement entraînés dans le but de mettre le pays à feu et à sang si, demain, leur parti n’est pas vainqueur. Jérémie Ngendakumana revendique la paternité de ce mouvement et avoue s’être référé aux pratiques du parti UPRONA.

« C’est normal que le CNDD-FDD encadre ses jeunes, je sais que même le parti UPRONA en a fait autant si pas plus car il commençait ce genre d’encadrement au niveau de l’école primaire avec les pionniers et jusqu’aujourd’hui, la jeunesse de ce parti évolue au sein de la JRR mais personne ne bronche ! Alors pourquoi tant de bruit autour des Imbonerakure ? Nous allons continuer à les encadrer et d’ailleurs dans quelques jours, le CNDD-FDD va ouvrir une école destinée à l’enseignement de son idéologie », détonne-t-il. Il a ensuite effleuré la question liée au rapport entre le pouvoir et la société civile, des relations manifestement grippées, en raison de l’aveuglement du ministre de l’Intérieur Edouard Nduwimana, qui vient d’enfreindre la loi sur les associations en gommant d’un seul trait de plume le Forum pour le Renforcement de la société civile au Burundi (FORSC).

« Je ne saurai dire si le ministre a tort ou s’il a raison, mais je dis que la solution se trouve dans le dialogue entre les deux parties en conflit », explique-t-il. Les journalistes se contentent des mêmes réponses évasives au sujet de l’assassinat de Salvator Sabiriho. « C’est le médecin et le juge qui vont trancher », lance-t-il, un brin laconique. En revanche, Jérémie Ngendakumana se montre plus loquace au sujet des leaders de son parti (qui ne le portent plus à cœur) qui se plaisent à relayer une rumeur selon laquelle l’actuel président de la République, Pierre Nkurunziza, ne sera pas candidat de ce parti lors des prochaines élections.

« Ces informations sont dangereusement tendancieuses et je voudrais vous dire que le CNDD-FDD n’a pas encore proclamé officiellement le nom de son candidat, mais les Burundais ne sont pas dupes, ils savent voir entre les lignes, qui pourra être aligné, vous voyez celui qui est déjà mis en avant même si, le moment venu, son nom sera officialisé et publié », explique-t-il, visiblement remonté contre ceux qui excluent d’avance l’éventualité d’aligner le candidat fétiche du CNDD-FDD, en l’occurrence Pierre Nkurunziza.

Dans le feu de l’actualité se trouve aussi l’accablant rapport d’un rapport du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les réseaux de soutien des FDLR. Le rapport cite le Burundi dont l’appui aux FDLR passe par le Service National des Renseignements et précisément son patron le général Adolphe Nshimirimana. « C’est un mauvais rapport qui a été rédigé par des experts mal intentionnés », susurre-t-il.

 

 
     
     
     
     
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