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Actualité du 30 décembre 11 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Pas question de négocier avec l’ADC-Ikibiri, dixit le pouvoir CNDD-FDD.
Bujumbura le 30 décembre 11 (SurviT-Banguka)
Alors que tout semblait finalement présager un imminent début de négociations entre le pouvoir et l’opposition politique au Burundi,
voilà que le Chef de l’Etat, par porte-parole interposé, balaie cette idée salutaire d’un revers de la main. Traditionnellement, le Président burundais
se prêtait personnellement, à chaque fin de l’année, aux questions des journalistes et du peuple sur les différents aspects de la vie politique, sécuritaire
et socioéconomique. Occasion, pour lui, de vanter ses hauts faits et de rouler dans la farine la nation et le monde entier.
Cette année, Pierre Nkurunziza a brisé les chaînes de cette tradition. Il a aligné son porte-parole, celui du Gouvernement, celle du premier- vice président
et bien d’autres chargés de communications aux ministères à problèmes. Mais selon une apparente consigne initiale et non officielle, le porte-parole du président
de la République devrait monopoliser la parole et répondre à la quasi-totalité des questions. Cela est notamment explicité par cette intervention :
« négocier est synonyme d’abandon d’une parcelle de pouvoir au profit de ceux qui n’avaient rien, le parti FRODEBU en sait quelque chose, lui qui avait 65%
aux élections de 1993 et après avoir accepté de négocier, n’est resté qu’avec seulement 45%, nous n’accepterons jamais de tomber dans cette erreur et là j’ai tout dit,
vous n’avez même pas besoin de poser la question aux autres porte-parole pour compléments, je sais ce que je dis », a déclaré Léonidas Hatungimana.
Il reprenait en réalité l’idée constamment ressassée par le président du CDD-FDD, Jérémie Ngendakumana, qui, dans une conférence de presse organisée le 23 décembre
dernier, avait aussi exclut toute éventualité de négocier avec l’opposition politique cristallisée par l’ADC-Ikibiri.
Mais ce refus de négocier n’étonne personne dans les rangs de l’opposition et de la société civile. Selon Chovineau Mugwengwezo, porte-parole du parti UPD,
ce discours cache une évidente conviction sur l’imminence des négociations : « les Evêques catholiques nous l’ont dit et l’ONU l’a répété : nous n’avons pas
d’autres voix de sorties à part les négociations et mieux vaut les démarrer plus tôt pour limiter les dégâts qui sont déjà immenses », a-t-il réagi.
A y regarder de près et selon de nombreux observateurs, c’est précisément parce que les négociations sont plus proches que jamais que les caciques du parti
présidentiel affichent leurs hostilités jusqu’à la dernière énergie pour tenter de faire échouer le projet. Étant entendu qu’en cas de négociations,
certains d’entre eux perdront à coup sûr leurs postes ou changeront de camp.
Sur bien d’autres questions bistouris, le porte-parole du Président de la République est plutôt resté évasif. Sauf pour la question des cahiers ougandais.
A ce niveau, il reconnaît que les t-shirts ont été donnés par la société PICFARE au lieu des cahiers promis. « C’est vrai que cette société nous a donnés 300 mille
T-Shirts que nous avons distribués à la populations et sur lesquels nous avions marqué des slogans vantant la politique de gratuité de l’enseignement primaire,
initiée par le Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza », a-t-il reconnu. Depuis que ce dossier est en débat, c’est pour la première fois qu’un officiel reconnaît
cette histoire de t-shirts troqués contre des cahiers.
Au chapitre sécuritaire, Léonidas Hatungimana apostrophe ouvertement les policiers et les jeunes Imbonerakure (inféodés au parti présidentiel)
pour qu’ils restent constamment vigilants et qu’ils répriment dans le sang toute velléité de rébellion. « Nous exhortons les citoyens et toutes les forces vives
du pays à rester vigilants pour tuer dans l’œuf toute tentative de déstabilisation de la sécurité », a-t-il martelé, en rappelant que la fulgurante attaque récemment
menée à Cankuzo avait été conçue depuis la prison centrale de Mpimba (allusion directe à Hussein Rajabu).
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