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Actualité du 31 août 10 (SurviT-Banguka)
Burundi-politique
Les acteurs politiques se passent les
témoins
Bujumbura le 31 août 10 (SurviT-Banguka)
C’est d’abord et avant tout le Docteur Yves Sahinguvu,
ex-premier vice-président de la République, qui donne
ses recommandations à Térence Sinunguruza qui vient
pour le relayer. Au moment solennel de passage de témoin,
les hommes politiques sont unanimes sur certaines urgences ou priorités
du nouveau gouvernement : à très court terme, le
gouvernement burundais devrait s’atteler à la mise
sur pied de la commission nationale des droits de l’homme. « C’est
un vieux engagement du gouvernement burundais que nous n’avons
pas pu honorer au cours de ce mandat qui se boucle, mais le budget
y relatif a déjà été voté, il
ne reste plus que la concrétisation de cette idée
là », a expliqué l’honorable Yves Sahinguvu,
au moment de quitter son bureau. L’autre chantier sur lequel
devrait piocher son successeur est lié à la mise
en place de la commission vérité/réconciliation.
Yves Sahinguvu y insiste aussi. « C’est une bonne chose
que le gouvernement, les nations unies et la société civile
aient conduit le processus des consultations nationales mais il
faudrait redoubler d’ardeur et de volonté pour arriver à mettre
en place la commission et le tribunal spécial chargé de
juger les crimes graves », poursuit-il. Mais il est un phénomène
qui continue à inquiéter tous ceux qui militent pur
la mise en place d’un tribunal spécial : si, dans
son récent discours circonstanciel, le président
burundais a largement insisté sur l’urgence de mettre
en place cette commission, il est se garde toujours de dire un
mot sur le tribunal spécial. La justice, le châtiment
des bourreaux et la réparation sont à reléguer
aux oubliettes de l’histoire. A côté de ces
deux dossiers phare, le premier vice-président de la République
devrait également plancher sur la question liée à l’harmonisation
des salaires. « C’est une question qui me préoccupait
beaucoup et qui devrait trouver des solutions pour mettre en terme
aux mouvements de grèves répétitives qui ont émaillé la
dernière législature », fait remarquer Yves
Sahinguvu. Son successeur se dit confiant et affirme être à la
hauteur de la tache qui l’attend. « Je ne suis pas
nouveau en politique, j’imagine que je pourrais contribuer à relever
tous ces défis », confie Térence Sinunguruza.
Le même jeu de chaise musicale s’observe
au niveau du ministère de la défense et des anciens
combattants où le lieutenant général Germain
Niyoyankana et le général major Pontien Gaciyubwenge
se sont passés le témoin. L’ancien ministre
de la défense
estime que le nouveau devra veiller à la consolidation de
la sécurité encore fragile. S’agissant des
rumeurs de rébellion en gestation, Germain Niyoyankana reste
plutôt évasif. « Je sais qu’il y a un
groupe d’hommes armés qui commettent depuis quelques
temps des bavures comme vols, viols et assassinats, je les
appelle jusqu’ici des bandits puisque je ne connais pas encore
leur intention, mais quoi qu’il en soit la priorité reste
la sécurité », a déclaré l’ancien
ministre de la défense Germain Niyoyankana.
Du côté de la Justice, la nouvelle
ministre Ancilla Ntakaburimvo promet de tout faire pour élucider
le mystère
qui entoure toujours la disparition du vice-président de
l’OLUCOME, Ernest Manirumva. Burundi – religion
Le Chef de l’Etat entame une vaste croisade pour remercier
le Bon Dieu.
Bujumbura le 31 août 10 (SurviT-Banguka)
Alors qu’il a été reconduit à la tête
du pas dans des conditions qui laissent encore pantois plus d’un,
le chef de l’Etat burundais est toujours convaincu qu’il
y reste grâce à la volonté divine. C’est
ainsi qu’il vient d’inviter tout son nouveau cabinet
et les autres dignitaires à monter dans sa commune natale
de Mwumba pour prier. Ce véritable festival à dimension
régional devrait démarrer ce mercredi pour se boucler
dimanche prochain. Certains observateurs estiment que le Chef de
l’Etat entend procéder à un quasi lavage de
cerveaux pour les nouveaux venus afin de les mettre dans son moule
personnel. Au Burundi, il y a comme confusion entre politique et
religion. Une ONG suisse « Initiative pour le changement
international » vient, d’ailleurs, d’organiser
un débat sur « La politique et la spiritualité ».
Les acteurs sociopolitiques ont pu échanger sur leur complexité et
l’impact sur la gouvernance de la société.
Les discussions ont été facilitées par les
analyses de deux spécialistes, à savoir Corinne McLaughlin
et Jean Baptiste de Foucauld ainsi que les points de vue des représentants
des confessions religieuses. Ainsi, selon McLaughlin, la politique
et la spiritualité apparaissent comme deux mondes distincts,
deux dimensions différentes qui ne devraient pas être
mélangées. De son côté, M. de Foucauld
considère que la démocratie est non seulement une
valeur politique, mais aussi une valeur spirituelle qu’il
convient de prendre en tant que telle, avec tout ce que cela implique.
Ils ont recommandé une vigilance pour que la religion ne
soit pas utilisée pour des fins politiques, d’éviter
de mélanger la politique et la religion.
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