Actualité du 17 décembre (SurviT-Banguka)

 

1. Burundi-sécurité.

 

Les FDD préparent la guerre.

 

Bujumbura le 17 décembre 07 (SurviT-Banguka)

 

Et de deux. Après l’inquiétant arsenal militaire carbonisé, fin avril ,chez le général Alain Guillaume Bunyoni, ancien patron de la Police et actuel ministre de la Sécurité, un autre incendie révèle une importante cache d’armes au domicile d’un autre ex-rebelle FDD, également commué en un respectable officier de l’armée rénovée. La maison du Colonel Vital Bangirinama, ancien commandant de la 4ème région militaire, est en effet partie en fumée, la nuit de ce dimanche 16, consumée par un incendie dont l’origine reste inconnu. Mais qu’importe sa cause, le feu aura tout de même permis de découvrir que la regrettée maison recelait des engins de morts : en l’occurrence huit requêtes à destruction massive, deux kalachnikovs, plusieurs longues chaînes de balles, quatre chargeurs et deux grands sacs bourrés de balles.  L’officier en question était commandant de la région militaire qui couvre aussi la province de Muyinga et  il a été cité comme l’un des commanditaires d’une mystérieuse tragédie qui a emporté une centaine de personnes. Comme par coïncidence sa maison prend feu au moment où Dominique Surwavuba, ancien responsable de la Documentation à Muyinga à la même époque, vient de retrouver son poste, alors que les enquêtes le disaient pièce maîtresse dans ce dossier qui reste à élucider. Pierre Nkurunziza passe donc l’éponge. Mais le feu aura encore prouvée que Bujumbura vit sur une poudrière et que les ex-rebelles le restent à tous points de vue.

 

2. Le FRODEBU soupçonne un penchant guerrier chez les FDD.

 

Bujumbura le 17 décembre 07 (SurviT-Banguka)

 

C’est l’honorable Léonce Ngendakumana, président du FRODEBU, qui tire les premières flèches à l’endroit du parti présidentiel : En refusant de changer de médiateur, en dépit de la flagrante partialité, doublée de l’indisponibilité de Charles Nqakula, médiateur dans la conflit burundais, le CNDD-FDD prouve que la sécurité ne le préoccupe pas et qu’il veut plutôt entretenir et se nourrir de la violence généralisée. «Le fait que le porte-parole du CNDD-FDD déclare que les députés n’ont pas la latitude de dénoncer les défaillances de la médiation, alors que lors de la dernière séance des questions orales, tous les députés , y compris ceux de ce parti, ont demandé d’une même voix que Nqakula soit remplacé pour aller rapidement vers la pais, ce volte-face prouve que le parti a un autre agenda caché et que la paix ne l’intéresse pas, c’est pourquoi peut-être il donne autant d’importance aux présumés dissidents FNL, au lieu d’approcher les responsables du FNL pour appliquer le cessez-le-feu», s’indigne-t-il. Les députés burundais étaient en effet unanimes pour déplorer la prestation de Charles Nqakula, médiateur dans le conflit burundais. Et au moment des questions orales à l’intention du 1er vice-président Yves Sahinguvu et ses trois ministres impliqués dans la question de sécurité (Défense Nationale, Intérieur et Sécurité Publique) avait reconnu la pertinence de leur préoccupation. Mais le CNDD-FDD se ravise et proclame son attachement au médiateur controversé.

 

3. Burundi-politique.

 

Le piteux mea culpa de Pierre Nkurunziza boucle l’année.

Bujumbura le 17 décembre 07 (SurviT-Banguka)

Le président burundais Pierre Nkurunziza semble avoir pris conscience de la démesure et des ravages de sa démagogie. Au moment de sa traditionnelle sortie médiatique pour boucler l’année, il a présenté ses excuses à la population pour ses nombreuses promesses non tenues : l’augmentation des 34% n’était qu’un leurre, la sécurisation du pays était un pur mensonge, le compromis avec les FNL est resté lettre morte, les deniers publics ont été systématiquement pillés par les mandataires du parti CNDD-FDD et le peuple n’a eu droit qu’à la douleur et l’aggravation de sa misère. C’est triste et cela risque d’impacter sur les prochaines élections, les Burundais n’étant pas forcément idiots. Pierre Nkurunziza a donc eu l’occasion de présenter son mea culpa au peuple. Mais contrairement à ses habitudes, au bout de l’année, il s’est gardé de risquer une moindre mesure populiste. A la place, ses détracteurs, en l’occurrence les médias privés à la langue pendante, n’ont eu droit qu’à des remontrances. «Je remarque que dans mes discours, certains journalistes restent à l’affût d’un moindre dérapage verbal pour le grossir et taire tout le reste du beau discours alors que c’est cela qui devrait être porté à la connaissance de la population, je vous dis que je passe l’éponge sur tout ça, mais dès 2008, je vais porter plainte à tout journaliste, qu’il soit au Burundi ou à l’extérieur, qui salira mon nom», a-t-il déclaré lors qu’il se prêtait pour la 4ème fois, aux questions des auditeurs par téléphone/mails, le 15 décembre, depuis Kirundo au nord du Burundi.