Actualité du 24 déc. 07 (SurviT-Banguka)

 

Burundi- sécurité.

 

Controverse autour des victimes des crises cycliques.

 

Bujumbura le 24 décembre 07 (SurviT-Banguka)

 

Après la série de violences cycliques qui l’ont secoué depuis près d’un demi siècle, le Burundi se croit approcher enfin le bout du tunnel. L’heure est à la Vérité, le Pardon et la Réconciliation, selon, du moins, certains esprits qui subordonnent encore la Justice (autre passage obligé) à l’absolution de tous les crimes graves inhérents à ces conflits, y compris le génocide antitutsi, en cours depuis 1993.Mais au Burundi, le rejet du Tutsi est si radical et systématique qu’il touche même les victimes de ces conflits en cascade. Et, paradoxalement, les autorités s’en accommodent et encouragent même cette discrimination. En témoigne la rencontre qui vient d’être organisée le 21 décembre à Gitega (centre du Burundi) par l’Association des Veuves et Orphelins pour le Développement Economique (AVODE). Présidée par Mme Epiphanie Kabushemeye, veuve de Ernest Kabushemeye (ancien président de RPB), cette association a crée l’événement pour échanger sur la Vérité sur les Victimes des conflits qui ont émaillé l’histoire du Burundi depuis son accession à l’indépendance. Pour donner du punch à leur rendez-vous, les organisateurs ont sélectivement invités des veuves de renom, en l’occurrence la propre mère du président de la république Pierre Nkurunziza (veuve depuis avril 1972), Mme Laurence Ndadaye (veuve de l’ancien président Melchior Ndadaye), la veuve de Pierre Ngendandumwe etc. Ils ont pris soin de cibler le camp hutu. Les participants à cette rencontre ont ainsi eu l’occasion de suivre un exposé de Sylvestre Ntibantunganya sur le cumul des frustrations des veuves et orphelins des multiples crises qu’a connues le Burundi depuis son indépendance. Pierre Nkurunziza les y a rejoints pour souligner la pertinence de cette idée. Mais curieusement,  il n’a jamais été question des veuves ou orphelins tutsis. Comme si le génocide de 1993 et les autres crimes graves qui se commettent même aujourd’hui ne les concernent pas au premier chef.

 

Burundi- Génocide.

 

Le génocide appelle des violences.

 

Bujumbura le 24 décembre 07 (SurviT-Banguka)

 

La recrudescence des violences observée au Burundi serait consécutive à la banalisation du crime de génocide de 1993. Selon Venant Bamboneyeho, président de l’association AC-Génocide, l’impunité et la promotion des génocidaires devraient indubitablement mener à cette escalade de violences et autres assassinats. «Quand nous disons que les génocidaires doivent être traités comme tels et qu’il est dangereux de passer l’éponge sur un tel crime, nous n’inventons pas, nous parlons d’un génocide qui a bel et bien eu lieu en 1993, commis par le FRODEBU et d’autres organisations criminelles et reconnu par les Nations Unies, en vertu d’un rapport d’une Commission Internationale», déclare-t-il à l’occasion de la journée dédiée aux victimes du génocide. Les militants de AC-Génocide sont unanimes : un crime appelle un autre aussi longtemps que son auteur n’est pas puni. C’est ainsi que les premiers artisans du génocide, même intégrés dans l’armée ou encore la police, n’en sont pas moins génocidaires et continuent à tuer et à piller, garantis de l’amnistie, même pour les crimes inamnistiables comme le génocide.

 

Burundi- Politique.

 

UPRONA : Les unionistes font le point.

 

Bujumbura le 24 décembre 07 (SurviT-Banguka)

 

Les pros unionistes du parti UPRONA (aile Charles Mukasi) se sont retrouvés ce dimanche 23 décembre à Bujumbura pour faire le point sur le projet de rapprochement avec l’aile gouvernementale de ce même parti. Plus de 400 participants originaires de tous les coins du pays avaient effectué le déplacement à cet effet. Selon Tatien Sibomana, un des membres du groupe d’initiative, les deux ailes de l’UPRONA seront bientôt confondues. «Nous avons réunis ces militants pour échanger sur les différents points sur lesquels les deux ailes doivent trouver un compromis, une position commune : c’est notamment les questions socioéconomiques et sécuritaires, l’impunité, le tribunal pénal international pour juger les crimes du génocide, la fameuse commission vérité et réconciliation etc. », explique-t-il, ajoutant que les discussions concerneront aussi les modalités de mise en place de la nouvelle direction du futur parti réunifié. Reste que des esprits réticents sont toujours enregistrés au niveau de chaque aile. C’est ainsi que Gabriel Sinarinzi, président de l’aile radicale de l’UPRONA reste encore méfiant et n’entend pas rejoindre l’aile gouvernementale. Les partisans du rapprochement des deux tendances l’ont remplacé par Bonaventure Gasutwa qui, depuis, se dit président statutaire de ce parti en gommant du coup toute allusion à Charles Mukasi, exilé en Amérique du Nord.