REPUBLIQUE DU BURUNDI
LETTRE AUX PRESIDENTS
DES PARTIS POLITIQUES BURUNDAIS SOUCIEUX DE DEFENDRE LES INTERETS DE LA COMMUNAUTE
TUTSI
SurviT Site web : http://www.tutsi.org
E-mail : banguka@tutsi.org ou
tutsi@tutsi.org
Av. de la Gare 2
2740 Moutier - Suisse
Banguka
Moutier, le 28 avril 2005
A Messieurs les Présidents des Partis politiques burundais soucieux
de défendre les intérêts de la Communauté Tutsi.
BUJUMBURA - BURUNDI
Objet : Appel des partis politiques tutsi
pour un front de refus de l’exclusion et
pour la survie politique, physique et
é
conomique de la communauté.
Monsieur les Présidents des partis Tutsi,
En cette période d’échéances électorales
déterminantes pour l’avenir des communautés burundaises,
les membres de la Communauté Tutsi en diaspora, réunis au sein
de SurviT-Banguka, Association Internationale pour la Solidarité et
la Sécurité de la Communauté Tutsi du Burundi tiennent à s’adresser
directement à vous pour attirer votre attention sur les risques d’exclusion
politique et de génocide programmé contre la Communauté Tutsi.
En effet, alors que l’Accord d’Arusha du 28 août 2000 reconnaissait
comme des acquis la représentation parlementaire et gouvernementale
dans l’ordre de 40% pour les Batutsi et 60% pour les Bahutu ainsi que
de 50% au Sénat et dans les forces de sécurité, pour
chacune des communautés, les textes fondamentaux post-transition ne
respectent pas l’esprit de cet accord. Les piliers de cet Accord, à savoir
le droit pour chaque communauté d’élire ses propres représentants,
l’alternance politico-administrative au sommet de l’Etat , la
cogestion politico- ethnique et la minorité de blocage lors des différentes
délibérations au Parlement et au Sénat ont été scandaleusement
ignorés. Tels sont les arrangements politiques qui auraient pu à la
fois rassurer les communautés tutsi et hutu en conflit sanglant depuis
quatre décennies.
Par ailleurs, la majorité des politiciens Tutsi ont mis en avant de
façon claire et visible leurs propres intérêts en négociant
uniquement leurs places politiques plutôt que d’exiger une solution
politique qui rassure les Batutsi pour leur survie politique, physique et économique.
Cette attitude égoïste et irresponsable a conduit à la
création d’un grand nombre pléthorique de partis tutsi
dont leur existence n’est pas justifiée par rapport à l’unique
question qui vaut la peine que nous nous battions politiquement pour notre
survie et celle des générations futures. Les conséquences
de ce comportement aveugle et suicidaire de certains de ces politiciens égoïstes
sont nombreuses : une rupture d’intérêt et de confiance
entre la population tutsi et les politiciens tutsi : les uns ne souhaitant
que leur survie physique et leur épanouissement économique
soient garantis par les textes fondamentaux dont la constitution, les autres étant
intéressés par leurs places politiques ; une démobilisation,
un déboussole ment et un désintéressement total des
Tutsi par rapport aux enjeux politiques des prochaines élections ;
un risque énorme d’un comportement non réfléchi
et contreproductive de l’électorat tutsi : certains ne s’inscriront
pas aux listes électorales, d’autres n’iront pas voté parce
que désorientés, déroutés et désabusés
par les politiciens tutsi divisés et répartis en plusieurs
partis, enfin les autres par frustration ou simple opportunisme se joindront
aux partis hutu ; une dispersion des voix déjà en un nombre
très limité conduira à la déroute de tous les
partis tutsi, aucun parti d’obédience Tutsi n’obtiendra
les 2% requis pour entrer dans les Institutions.
Pour ces raisons et celles qui sont reprises dans la lettre adressée
aux Batutsi en date du 30 janvier 2005, les membres de la Communauté Tutsi
en diaspora, regroupés au sein de SurviT-Banguka, vous lancent un
appel pressant pour la constitution des listes communautaires indépendantes
mais qui en réalité appartiendraient à tous les partis
tutsi. Les membres de la diaspora tutsi vous suggèrent de mettre à profit
la collaboration des Associations des Natifs des Communes et des Provinces
dont les membres, hommes, femmes et jeunes, connaissent bien les Bashingantahe
de leurs régions respectives.
Unissez-vous pour constituer un front de refus contre l’exclusion et
exiger le droit pour chaque communauté d’élire ses propres
représentants, le respect de l’alternance politico administrative
au sommet de l’Etat, la cogestion politico ethnique et la minorité de
blocage lors des différentes délibérations au parlement
et au Sénat.
Au lieu de laisser vos partis aller aux élections en ordre dispersé,
voire en frères ennemis, unissez-vous, Messieurs les Présidents,
pour exiger que soit négocié un pacte de cohabitation pacifique
accepté par les communautés ethniques en conflit et un contrat
d’avenir pour le Burundi.
Evitez Messieurs les Présidents, que toute la communauté Tutsi
vous colle la responsabilité historique de son exclusion injuste et
inacceptable. Dans toutes vos prises de décision, mettez en avant
l’intérêt supérieur des générations
actuelles et futures de notre communauté.
Veuillez agréer, Messieurs les Présidents, nos sincères
remerciements pour l’attention que vous porterez à cet appel
et acceptez nos chaleureuses salutations fraternelles.
Juvénal NDUWIMFURA
Président de SurviT-Banguka
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