DISONS-LE HAUT ET FORT NOTRE VOTE SERA « NON » A
LA PSEUDO CONSTITUTION.
6 décembre 2004
Vu la situation socio- politique prévalant actuellement au Burundi
et compte tenu de l’histoire ancienne et récente du pays notamment
le peuple burundais qui souffre depuis 1965 d’un génocide récurrent,
de massacres, de vols, de viols, de larges violations des droits de l’homme,
de privations des libertés, d’absence de justice, d’impunité,
etc.
Vu que les Barundi continuent à être désorientés
par le pouvoir du FRODEBU en place pendant que se poursuivent des confrontations
entre l’armée gouvernementale et les rébellions (les
FDD et les FNL) alors que les leaders de ces dernières occupent des
postes clés au gouvernement ;
Ayant constaté que la pseudo constitution est déjà en
vigueur au Burundi alors qu’elle n’a jamais été expliquée
au peuple burundais et que, paradoxalement, elle va être soumise au
référendum populaire pour sa confirmation;
Constatant que cette pseudo constitution a été rejeté par
la classe politique tutsi qui, par la suite, a proposé sa propre constitution
avant de se rétracter à la veille du premier novembre, dans l’objectif
de sauver des postes et non les intérêts du peuple burundais ;
Constatant également que cette pseudo constitution privilégie,
dans son esprit comme dans sa lettre, une seule communauté et exclue
toutes les autres composantes de la société burundaise dans la
gestion politico- administrative de l’Etat par :
Le refus du droit pour chaque communauté d’élire ses propres
représentants.
Le rejet de l’alternance politico- ethnique au sommet de l’Etat,
Le refus de la cogestion politico- ethnique du pays,
L’absence d’une clause relative à la minorité de
blocage lors des différentes délibérations au parlement
et au Sénat,
Face au danger que cette même pseudo constitution représente pour
l’avenir du pays en général et des minorités en
particulier;
Constatant qu’elle prépare la dictature du nombre et la finalisation
du génocide des Batutsi du Burundi et de la région des Grands
Lacs ;
Les démocrates regroupés au sein de l’organisation SurviT-Banguka
sont profondément attachés au principe de démocratie communautaire
et sont pour des élections libres, rassurantes pour toutes les composantes
de la Nation burundaise et transparentes dans un climat de paix et de sécurité.
Leur devoir de citoyens leur impose de se tenir aux côtés du peuple
pour subir le même sort que lui.
1. L’organisation SurviT-Banguka invite tous les Burundais qui se
sont inscrits au rôle des électeurs de participer massivement
au référendum sur la Constitution du 22 décembre 2004
pour faire valoir leur droit de citoyen.
2. Mais disons-le haut et fort, notre vote sera « NON » à la
pseudo constitution, non à l’esprit qui l’entoure, non à la
tricherie politique, non à l’escroquerie démocratique
et la mascarade électorale, non aux leaders sans morale politique
qui refusent la restauration de l’Etat de droit, non à l’impunité et
non au spectre de génocide qui plane toujours sur les Tutsi.
3. SurviT-Banguka rappelle aux Barundi que la seule voie alternative au
projet de société pseudo unitariste actuelle du CNDD – FDD –FRODEBU
est la « Démocratie des Communautés ». La démocratie
communautaire est la mieux adaptée pour les pays dans lesquels les
sociétés sont divisées ou plurales comme le Burundi,
la Belgique, le Liban, la Suisse, etc. C’est cette démocratie
rassurante pour tous, innovante et susceptible de garantir une paix durable
et un avenir meilleur pour tous les Burundais.
4. Les membres de SurviT-Banguka invitent tout burundais de bonne volonté à participer
par tous les moyens à concrétiser ce projet de société exaltant
et en chantier. Si un nombre critique de Burundais s’implique, ce projet
se réalisera quel que soit le résultat des votes en cours et à venir.
L’espoir est toujours là quelle que soit l’issue des scrutins.
5. SurviT-Banguka invite le Président Ndayizeye à user de
son autorité de Chef de l’Etat pour se hisser au dessus des
appartenances ethniques et partisanes en vue d’organiser un dialogue
franc entre les différentes composantes politique et ethniques du
pays, de doter le Burundi d’une Constitution qui protège politiquement
et physiquement toutes les communautés nationales afin d’éviter
ainsi de retomber dans les erreurs du passé.
6. SurviT-Banguka demande à l’ONU, aux Chefs d’Etat de
la sous région, à la médiation sud – africaine
et plus particulièrement à la Belgique qui a une très
longue expérience de fédéralisme personnel d’aider
les Burundais à conclure un véritable pacte de cohabitation
et un contrat d’avenir pour le Burundi à travers des textes
légaux, dont une Constitution, un Code électoral, une loi communale,
une loi sur les partis, etc. La vraie paix et la bonne gouvernance sont à ce
seul prix.
« Sécurité et Prospérité d’une Communauté Solidaire »