Refus de la constitution qui exclut
la communauté éthnique Tutsi
La Communauté tutsi réunie au sein de l’Association
SutviT-Banguka vient d’être informée des résultats
du vote référendaire sur la Constitution post-transition. Elle
rappelle qu'elle avait demandé à tous les Burundais épris
de paix à voter contre cette constitution.
Ainsi donc la boucle génocidaire ouverte par le massacre de plus
de 100.000 Tutsi en octobre 1993 est bouclée par le vote d’une
Constitution qui donne le pouvoir aux commanditaires et exécutants
de ce génocide.
La Communauté tutsi réunie au sein de l’Association
SutviT-Banguka observe que l’Accord d’Arusha n’était
qu’un marché de dupes et un piège tendu aux Tutsi.
La Communauté tutsi constate comme elle l’avait pressentie
que les organisateurs du processus d’Arusha avaient trois objectifs à atteindre:
• donner une victoire politique à une rébellion génocidaire
hutu incapable de remporter la victoire militaire sur les invincibles Forces
Armées Burundaises (FAB) ;
•
démanteler ces Forces Armées Burundaises parce qu’elles
constituaient le seul rempart contre le génocide des Tutsi ;
•
assurer l’impunité des organisations génocidaires et
confier la direction politique du Burundi aux dirigeants de ces organisations
génocidaires.
La Communauté tutsi remarque que les réserves formulées
par les leaders des partis politiques tutsi lors de la signature de l’Accord
d’Arusha ont été purement et simplement ignorées.
La Communauté tutsi regrette que le débat organisé l’année
dernière n’ait pas abouti à un compromis sur une formule
d’un authentique partage du pouvoir, c’est –à-dire
sur la cogestion de l’Etat à tous les niveaux par les Tutsi
et les Hutu sur une base strictement paritaire, mais que le forcing et le
hold-up constitutionnel du 17 septembre 2004 ont généré une
Constitution qui consacre l’exclusion et l’anéantissement
politique des membres de la Communauté tutsi.
La Communauté tutsi déclare haut et fort que les Tutsi membres
des formations politiques à dominante hutu ne représenteront
pas la Communauté tutsi dans les futures institutions mais uniquement
leur ventre dans la mesure où ils ont accepté de défendre
et d’appliquer le programme des partis politiques au passé et à l’avenir
génocidaires.
La Communauté tutsi considère que les résultats du
référendum constitutionnel de ce 28 février 2005 étaient
prévisibles et ne consacrent que le recensement ethnique d’une
partie de la population.
La Communauté tutsi félicite les électeurs qui ont
voté NON et les invite à constituer un front du refus et à continuer à lutter
contre cette Constitution qui exclut les Batutsi.
La Communauté tutsi fustige le comportement irresponsable et opportuniste
des dirigeants des partis politiques à dominante tutsi qui ont donné pour
consigne de voter OUI pour mieux mériter quelques strapontins et quelques
miettes de pouvoir que vont leur jeter les partis politiques hutu vainqueurs
des prochaines élections.
La Communauté tutsi invite les membres de ces formations politiques à quitter
purement et simplement ces partis politiques dont les leaders ont trahi les
intérêts vitaux de la Communauté tutsi pour quelques
miettes du pouvoir.
SutviT-Banguka lance un message d'espoir à tous les Batutsi qui seraient
tentés par le découragement. Ils les appellent plutôt
au rebond, à s’associer aux autres membres de leur communauté pour
la réalisation des nombreux chantiers que prépare SutviT-Banguka
afin de défendre plus efficacement les intérêts vitaux
de la Communauté tutsi et prendre en charge notre développement à tous
points de vue.
La Communauté tutsi porte à la connaissance de la Communauté nationale
et internationale que la cogestion de l’Etat burundais à tous
les niveaux entre les authentiques représentants de la Communauté tutsi
et les hutu sur une base strictement paritaire n’est pas une faveur
que les Tutsi quémandent ou mendient auprès des Hutu mais une
exigence démocratique et un droit civique auxquels ils sont profondément
attachés et qui garantissent leur sécurité et leur droit
inaliénable de prendre en charge leur destin.
La Communauté tutsi condamne les membres de la Communauté Internationale
qui ont choisi de donner le pouvoir aux organisations génocidaires
dans notre pays au moment où le monde entier célèbre
le 60ème Anniversaire de la fin de la SHOAH et de la destruction
des camps d’extermination des juifs par les Nazis.