ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LA SECURITE ET LA SOLIDARITE DE LA COMMUNAUTE TUTSI DU BURUNDI
SurviT- Banguka ».
Ch. De la Nant 4
2740 Moutier
SUISSE
E-mail : banguka@tutsi.org
Le 25 Janvier 2005
Objet : Organisation de la Communauté Tutsi
et procédure d’unification
Chers compatriotes,
Lors des réunions tenues dans les différentes villes occidentales
et plus particulièrement celles de Bruxelles et de Bellevue en mai,
septembre, octobre et novembre 2004, les Batutsi participants ont mandaté les
signataires, membres de l’Association Internationale pour la Sécurité et
la Solidarité de la Communauté Tutsi du Burundi, en sigle,
SurviT- Banguka , pour organiser, structurer et unir les membres de la Communauté.
Comme chaque organisation Tutsi et chacun d’entre vous, les membres
de l’Association susmentionnée s’interrogent régulièrement
sur les solutions durables au mal burundais et de la région des Grands
Lacs d’Afrique à savoir le génocide contre les Batutsi.
Nous sommes convaincus que l’unification de nos forces est la seule
voie qui nous permettra de mobiliser notre peuple, en vue d’assurer
notre propre sécurité politique et physique et notre épanouissement économique,
social et culturel. Le rétablissement de la paix, l’éradication
de l’idéologie de génocide et de la haine, l’instauration
de la démocratie qui rassure toutes les communautés burundaises,
l’entraide et la solidarité, la survie politique et physique
des Batutsi ainsi que leur prospérité sont à ce prix.
C’est pourquoi nous vous invitons à dépasser tous les
problèmes qui divisent les Batutsi : le ventriotisme, le régionalisme,
le clanisme, le manque de conscience communautaire et du danger qui nous
guette, le manque d’organisation de la communauté et l’absence
de leadership respecté par tous, le manque de respect mutuel « kutemerana »,
le manque de discrétion « gutwarira hejuru », le manque
de créativité et de ténacité, etc. afin de nous
organiser et de nous structurer en une véritable communauté dans
le but d’avancer, de défendre nos intérêts et de
respecter les intérêts des autres communautés.
Les nouvelles qui nous parviennent du Burundi ne sont pas rassurantes. Le
processus de négociations sur le partage du pouvoir au Burundi a échoué et
a abouti à une crise politique institutionnelle. Le président
Ndayizeye, appuyé par les Chefs d’Etat de la sous région
a fait le forcing pour faire passer le projet de constitution qui ne rassure
que les Hutu et qui exclut les Tutsi qui ne sont pas membres des partis Hutu
(même les Tutsi membres des partis hutu seront exclus à moyen
terme quand les Hutus n’auront plus besoin d’eux). Rappelons
que ce projet de constitution a été analysé par les
ministres issus des partis dits Hutu en l’absence de leurs collègues
Tutsi, à l’exception de deux d’entre eux : Monsieur Gahungu,
représentant du parti ABASA et Monsieur Nkundikije, Président
du parti AV-Intwari,. Cette pseudo constitution a été rejetée
par la classe politique tutsi qui, par la suite, a proposé sa propre
constitution avant de se rétracter à la veille du premier novembre
pour des objectifs inavoués.
Cette pseudo constitution privilégie, dans son esprit comme dans
sa lettre, une seule communauté et exclue toutes les autres composantes
de la société burundaise dans la gestion politico- administrative
de l’Etat par le refus du droit pour chaque communauté d’élire
ses propres représentants ; le rejet de l’alternance politico-
administrative au sommet de l’Etat ; le refus de la cogestion politico-
ethnique ; l’absence d’une clause relative à la minorité de
blocage lors des différentes délibérations au parlement
et au Sénat.
C’est face à ce danger (dictature du nombre et la finalisation
du génocide des Batutsi du Burundi et de la région des Grands
Lacs) que cette pseudo constitution représente pour l’avenir
du pays en général et des minorités politiques en particulier,
que les membres fondateurs ont décidé de créer, pour
une durée indéterminée, une Association Internationale
sans but lucratif régie par les dispositions des Statuts et conformément à la
législation en vigueur en Suisse sur les Associations sans but lucratifs
et plus particulièrement la loi du 10 décembre 1907, article
60 et suivants.
D’aucuns doivent se dire, encore une association ! En effet, des associations
comme AC-Génocide, PA-Amasekanya et d’autres mouvements ou partis
politiques existent et fonctionnent pour la défense des intérêts
des Tutsi du Burundi. La plupart de nos membres sont également membres
de ces associations, ces mouvements et partis politiques déjà existants,
mais nous voulons aller plus loin en créant une association faîtière
qui se veut rassembleur de tous les membres de la Communauté Tutsi
du Burundi. Nous voulons et devons assumer notre identité de « Tutsi » et
la défendre partout dans le monde. C’est une des raisons pour
laquelle nous avons opté pour un site web « http://www.tutsi.org » explicite
pour assumer notre identité. En aucun cas, notre objectif est de s’attaquer
aux Bahutu, aux Baganwa et aux Batwa. Nous respecterons les intérêts
de ces communautés et en retour, nous demandons aux Bahutu de respecter
nos intérêts vitaux dont le droit à la vie, et le plein épanouissement
politique et social.
SurviT-Banguka s’engage dans un travail en profondeur et de long terme
pour assurer la survie politique et physique des Batutsi. Nous sommes conscients
qu’il est très difficile pour certains membres de notre communauté d’assumer
de façon ostentatoire l’identité tutsi mais nous sommes
convaincus que c’est la seule façon d’assurer notre survie
dans un environnement hostile.
Pour anecdote, les membres fondateurs du « Congrès Mondial
Juif » étaient pris pour des illuminés par leurs congénères
et vous voyez bien le résultat !
Les objectifs de SurviT-Banguka sont :
Lutter contre l’idéologie du génocide et ses conséquences
dans toutes leurs manifestations aussi bien au Burundi que dans la région
des Grands Lacs et dans le monde ;
Organiser, assister et aider les rescapés du génocide afin
qu’ils recouvrent leur dignité et leurs biens matériels
spoliés par la mise en place de bureaux de conseil et autres formes
d’assistance appropriées ;
Oeuvrer pour la protection de l’intégrité physique ainsi
que la défense des intérêts politiques et économiques
des membres de la Communauté Tutsi ;
Initier et soutenir toute action visant à promouvoir la solidarité entre
les membres de la Communauté Tutsi notamment par la création
de fonds de solidarité;
Créer et organiser aussi bien au Burundi qu’au sein de la diaspora
Tutsi des centres d’analyse et de réflexion sur les meilleures
mode de gestion politique et sociale du Burundi qui tiennent compte du respect
de l’intégrité physique de chaque membre de la communauté ethnique
et de l’épanouissement politique, moral, social et économique
de chaque individu sans discrimination de son origine ethnique ;
Promouvoir et encadrer les actions tendant au développement économique,
social et culturel de la diaspora Tutsi ;
Apporter sa contribution à la recherche de la paix intercommunautaire
au Burundi ;
Soutenir toute pensée et tout discours qui prône la sécurité pour
tous, la démocratie qui respecte et rassure toutes les communautés
ethniques burundaises, la réconciliation et le développement
intégral et durable du Burundi.
SurviT-Banguka est organisée comme suit :
Président : NDUWIMFURA Juvénal / Suisse
Vice-Président, porte parole : NDIKUMANA Pacelli / Royaume-Uni
Secrétaire : Mme MUTORE-LANG Liliane/ Allemagne
Trésorier : Mr NTISINZIRA Désiré / Suisse
Ces membres constituent le Conseil d’Administration de SurviT-Banguka.
Dans diverses régions ou pays, des cellules de SurviT-Banguka sont
déjà ou devront être créées selon les mêmes
structures que celles de l’administration centrale. Les Présidents
des Associations Nationales affiliées sont membres de droit du Conseil
d’Administration et acquièrent la qualité d’Administrateur.
Nous vous convions aux réunions qui seront organisées dans
les différents pays afin d’examiner ensemble les voies et moyens
d’organiser notre Communauté. A défaut d’une convocation,
prenez vous-mêmes l’initiative et organisez la communauté dans
votre ville ou votre pays de résidence et prenez contact avec un membre
du conseil d’administration. Pour des raisons évidentes d’efficacité,
nous vous saurions infiniment gré de faire le maximum pour porter
ce message à la connaissance de tous les autres Tutsi du Burundi qui
résident dans le même pays que vous, car il nous est impossible
de toucher tout le monde.
Nous invitons tout Tutsi de bonne volonté à participer par
tous les moyens à la concrétisation de ce projet exaltant et
en chantier d’organisation, de structuration et d’unification
de notre communauté. Si un nombre critique de Tutsi et plus particulièrement
la jeunesse, avenir de demain s’implique, ce projet se réalisera.
Nous lançons un appel aux politiciens tutsi qui veulent défendre
les intérêts de la Communauté Tutsi :
§ De ne pas rejeter les torts les uns sur les autres, mais de se serrer
les coudes pour ne pas laisser la place à l’extermination politique
et physique de la Communauté Tutsi par des organisations génocidaires.
§ D’éviter de se leurrer en s’alliant avec les partis
politiques et mouvements armés génocidaires. Sinon, ils auront
montré à la face du monde et aux Batutsi qu’ils banalisent,
occultent et nient le génocide des Batutsi pourtant reconnu et qualifié par
le rapport ONU S/1996/62 de la Commission Internationale d’enquête
des Nations Unies. Ce n’est pas le FRODEBU, le CNDD-FDD ou le PALPEHUTU-FNL
qui, aujourd’hui comme hier tuaient sélectivement les Tutsi
sur les axes routiers du Burundi, massacraient les Tutsi des différents
camps de rescapés, les élèves du Petit Séminaire
de Buta, des employés tutsi de l’usine théicole de Teza
et récemment le gouverneur de Bubanza, etc. qui se transformeraient
en agneaux voire en anges gardiens pour défendre et protéger
les intérêts des Batutsi.
L’histoire a montré que même certains responsables administratifs
Tutsi du FRODEBU ont contribué à l’extermination de leurs
frères et sœurs Tutsi en 1993.
Nous mettons en garde plus particulièrement les partis qui s’opposent à l’amendement
de la constitution avant le referendum que leur rôle se limitera uniquement à accompagner
l’adoption des textes fondamentaux : la constitution, le code électoral
et la loi communale. Vous tombez, Messieurs les Présidents dans la
même erreur que les partis tutsi, négociateurs d’Arusha
et qui participent au gouvernement de transition qui ne font qu’accompagner
le processus d’Arusha et qui ont accepté la mise en application
des recommandations avant même qu’une solution politique soit
proposée et acceptée par tous. Vous vous trompez quand vous
préconisez de revoir la constitution après les élections.
Qui vous dit que vous serez représenté dans les institutions
et que vous aurez le poids d’exiger la révision de cette pseudo
constitution. Pire encore, vous voulez aller aux élections, sans connaître
les règles du jeu : le code électoral qui ne peut pas être
en contradiction avec la constitution actuelle ne rassurera pas notre communauté comme
l’est la pseudo constitution. Si vous comptez sur des alliances, vous
vous trompez énormément ! Avez-vous déjà oublié les
divorces FRODEBU- PARENA (ANAC), FRODEBU-UPRONA, l’échec des
accords de Kajaga et Kigobe, les remariages incessants FRODEBU-UPRONA, etc.
Enfin, que tous les burundais sachent que les membres de SurviT-Banguka
useront de tous les moyens pour éviter que les Batutsi se frustrent
de ne plus jamais avoir accès au poste de Président de la République
uniquement pour être nés Tutsi. Il n’ y a pas de mérite à être
né Hutu ou Tutsi, comme il n’y a pas de tares qu’on doit
pouvoir avoir parce qu’on est né Hutu ou Tutsi. Les chances
doivent être laissé à tout le monde. La peur de continuer à être
les victimes désignées du génocide ou des figurants
dans la gestion politique du pays à cause de l’exclusion politique
doit être écartée chez les Batutsi.
Voilà pourquoi chers compatriotes, nous invitons tous les Batutsi
tant de l’intérieur du Burundi que ceux de la diaspora, membres
de tous les partis et mouvements politiques, de toutes les associations de
la société civile, les femmes, les hommes et plus particulièrement
la jeunesse de rejoindre l’Association Internationale SurviT-Banguka
afin de conjuguer nos efforts pour construire une véritable communauté politique
sécurisée, prospère et solidaire afin d’assurer
un avenir meilleur des générations futures.