UN GENOCIDE OUBLIE ET BANALISE
Burundi, octobre 1993 :
Cent mille TUTSI sauvagement massacrés en trois jours, avec les mêmes
méthodes sur l’ensemble du territoire national, sous le prétexte
fallacieux de la mort d’un président hutu qu’ils n’avaient
pas tué et que beaucoup n’avaient peut-être jamais vu.
La totalité des habitants tutsi de plusieurs localités parmi
elles les communes de Gihogazi, Bugenyuzi et Mubimbi) décimés,
Les trois fours crématoires de Kibimba, Kirehe et Butezi consumant
au milieu de souffrances indicibles de jeunes tutsi immolés sur l’autel
de l’idéologie du génocide,
Des bébés tutsi pilés, des chérubins tutsi égorgés,
des femmes tutsi enceintes éventrées et leurs fœtus donnés
en pâture à des chiens errants, des vieillards tutsi ligotés
et enterrés vivants dans des latrines,
Des populations hutu, naguère citoyens honnêtes, subitement
métamorphosées en une horde de tueurs invétérés
et en buveurs de sang par le conditionnement psychologique, l’instrumentalisation
idéologique et la propagande anti-tutsi distillée par le trio
FRODEBU- PALIPEHUTU-IDC,
Indescriptibles, innommable, inqualifiable la folie meurtrière et
le déchaînement de la violence et de la haine anti-tutsi qui
ont inondé d’un torrent de sang et de larmes les vertes collines,
prairies et bananeraies de notre Burundi de Nyaburunga au cours de ces sombres
journées DES 20-21-23 octobre 1993.
Par rapport à l’horreur et à l’ampleur des massacres
des tutsi en octobre par les tueurs du FRODEBU-PALIPEHUTU, les Milosevitch,
Radovan Karatchich et autres ne sont que des apprentis et des novices dans
le crime génocidaire. Il semble aussi que les génocidaires
déjà expérimentés au Burundi aient été les
plus cruels pendant le génocide du Rwanda.
Une comptabilité macabre permet de constater que la totalité de
la population tutsi aurait pu être exterminés en trente jours
et que le génocide des tutsi burundais d’octobre 1993 aurait
occasionné plus de morts que le génocide des tutsi rwandais
d’avril 1994 si ce génocide burundais n’avait pas été rapidement
stoppé par cette Armée en phase ultime de son démantèlement.
L’application de la règle de trois simple nous permet d’observer
qu’au rythme de 100.000 assassinats tous les trois jours, soit 33.000
par jour (s), les massacreurs hutu burundais auraient trucidé pendant
les cent jours qu’a duré le génocide rwandais plus de
3 millions des tutsi burundais, soit trois fois plus de victimes tuées
par les Interahamwe et ex-FAR dans le même laps de temps. Une simple
projection montre qu’il aurait suffi aux massacreurs du FRODEBU et
du PALIPEHUTU seulement deux cents jours, c’est-à-dire six mois,
pour tuer autant des tutsi que les nazis ont massacré de juifs en
5 ans.
Il apparaît donc que cette Armée condamnée à tort
au démantèlement a empêché la finition du plus
sanglant et du plus rapide des génocides de toute l’histoire
; il apparaît également que c’est pour cette raison qu’on
a décidé de L`anéantir et que dans l’avenir le
génocide programmé des Tutsi nécessitera quelques jours
seulement pour sa finition avant qu’une hypothétique intervention
de la Communauté Internationale n’ait le temps de le stopper.
Il n’est donc pas étonnant qu’une équipe d’enquêteurs
européens, maghrébins neutres et éminemment compétents
mandatés par le Conseil de Sécurité ait qualifié de
génocide des Tutsi les massacres à grande échelle d’octobre
1993 et qu’ils aient désigné le FRODEBU et ses cadres
comme les commanditaires de ces massacres.
Voilà le moment que choisirent l’IDC et les lobbies anti-tutsi
pour intervenir et pour réussir à atteindre l’objectif
que la France a manqué au Rwanda lors de l’Opération
Turquoise, une opération de sauvetage des criminels qui venaient de
commettre le génocide des Tutsi du Rwanda.
Par le biais du processus d’Arusha, l’IDC et les lobbies anti-tutsis
mirent en œuvre la plus grande escroquerie politique, la plus grande
falsification de l’histoire, la plus grande opération de blanchiment
du crime génocidaire de tous les temps.
Par une tragique inversion des rôles et des responsabilités
on transforma les bourreaux HUTU en victimes et les victimes Tutsi en bourreaux.
Le génocide des tutsi d’octobre 1993 fut nié, occulté,
banalisé, en dépit du rapport S/1996/682 DU 22 AOUT 1996, on
ne peut plus clair, de la Commission d’enquête des Nations Unies.
Par une pernicieuse alchimie l’IDC et les lobbies anti-tutsi transformèrent
en icônes et en héros de vulgaires criminels qu’on se
pressa d’habiller d’un ample manteau de respectabilité et
auxquels on confiera bientôt l’avenir politique de notre pays,
faisant hélas de l’Etat burundais un véritable nécro
pouvoir.
Qu’on ait ainsi placé sur un piédestal des tueurs invétérés
qui au mieux méritaient l’échafaud et au minimum le pilori
n’est pas seulement une mésaventure de la logique pure, MAIS
c’est aussi une insulte à l’intelligence, à la
raison, à la morale et au droit.
Qu’au moment où la Communauté Internationale célèbre
le 60ème anniversaire de la défaite de la Shoah et de la destruction
du camp d’extermination d’Autswchix la même Communauté Internationale
procède au Burundi à l’amnistie et à l’adoubement
des organisations génocidaires, voilà qui ne va pas amener
la paix et la réconciliation nationale que l’association Survit-
Banguka appelle de tous ses vœux.
La rédaction de SurviT-Banguka
Tragique 21 octobre
Dans quelques jours, nous serons le 21 octobre. Une tragique date qui ramène
fraîchement à la surface le flot de sang des innocents tutsis
sacrifiés à l’autel d’une folie meurtrière
hutue que l’Humanité n’a jamais connu nulle part ailleurs.
Et comme tous les 21 de ce mois le plus noir au Burundi, les tutsis du Burundi,
qu’ils soient encore au pays ou installés dans divers coins
du monde auront indubitablement une pensée pour des centaines de milliers
des leurs brutalement engloutis par ce tsunami qui ne dit toujours pas son
nom.
Flash-back sur un climat délétère, prélude à l’holocauste
inattendu.
Paradoxalement, tout semble avoir procédé d’un incident.
Tragique et regrettable certes, mais pas aussi inédit que cela, à l’échelle
planétaire : le coup d’Etat militaire vite suivi de l’assassinat
du président Melchior Ndadaye, dans la nuit du 20 au 21 octobre. Sous
les autres cieux cela se pleure avec force sanglots mais seuls les comploteurs
sont saisis et châtiés. Mais le cas burundais est atypique car
les hutus n’ont même pas attendu de constater le décès
effectif du président Ndadaye pour se ruer massivement sur leurs voisins
tutsis et les massacrer systématiquement et méticuleusement,
comme si depuis long temps, ils n’attendaient qu’un simple signal
pour passer au pogrom visiblement déjà bien monté. Et
c’est après coup que les sérieux indices de ce génocide
qui a endeuillés des millions de familles tutsis refont surface. Car
déjà en pleine campagne électorale, on se souvient que
le discours du FRODEBU était insidieusement truffé du lexique
de la mort, du cataclysme et d’une imminente fin tragique : « i
nivo ni ugutwi », « hagarara bwuma » , « isegenya »,
etc. pour signifier d’une part que le coup de machette fatal au tutsi
se situera au dessus de l’oreille, que rien ne pourra faire plier cette
détermination d’en finir une fois pour toutes avec les tutsis,
et qu’il s’annonce un torrent de sang qui va charrier tout tutsi à son
passage. C’est peu dire. Et l’innommable s’est ainsi passé comme
prévu. Des tronçonneuses pour couper les arbres et barrer ensuite
les routes afin d’empêcher tout secours de l’armée,
des milliers de bidons d’essence pour brûler vifs les tutsis
préalablement entassés, des briquets largement distribués
aux hutus pour surprendre les tutsis en plein sommeil par un feu ardent,
etc. Rien n’était fait au hasard. C’est ainsi que pour
justifier le crime des crimes, le président Sylvestre Ntibantunganya,
conscient de ces préalables, aura le culot de justifier la situation
en la dédramatisant. « Kari agashvu, babiciya umu perezida » comme
pour dire que feu Ndadaye était président des seuls hutus.
Et les morts nous observent.
La plus vieille tradition burundaise veut qu’il y ait toujours une
certaine communion entre les vivants et les morts. Et dans le cas précis
des victimes du génocide, le meilleur cadeau que nous leur devons
est d’honorer leur mémoire. En sacralisant en l’occurrence
le 21 octobre de chaque année, date symbolique marquant la catastrophe.
Au niveau du Burundi, les rescapés s’acquittent encore de ce
devoir dans la discrétion, craignant la répression du pouvoir
hutu, viscéralement hostile à l’idée d’honneur
aux tutsis, même morts. Mais les Burundais tutsis de la diaspora le
font souvent avec panache et cette année, ils promettent de commémorer
dans l’humilité ce tragique événement du siècle.
Ainsi, qu’ils soient du Benelux, du Canada, d’Allemagne ou d’ailleurs,
chacun est invité à se joindre aux autres pour ce devoir de
mémoire. Bien sûr que la même diaspora, aujourd’hui
en butte aux agissements divisionnistes des regrettables esprits égarés,
tels ceux qui s’activent à noircir via le net, les dignes défenseurs
de la cause tutsie, doit veiller à rester sereine et soudée.
Car les tutsis seront ensemble ou ne seront pas. Point d’autre alternative.
Unissons-nous donc pour faire barrage à tout projet de génocide
ou de division, même sui generis.
Au-delà du devoir de mémoire, resserrer les rangs.
En plus de ce devoir de mémoire pour honorer les leurs tragiquement
massacrés, les tutsis se doivent d’être vigilants pour éviter
la réédition de cette tragédie. Et encore une fois,
ils ne sauraient mieux y réussir qu’en se soudant davantage,
qu’ils soient de la diaspora ou de l’intérieur du pays.
Car face au péril hutu dans la région des grands lacs, toute
réaction faite en ordre dispersé est vouée à l’échec,
pour la communauté tutsi. C’est ainsi que pour survivre et se
faire une place au soleil, sur le triple terrain socio politico économique
en l’occurrence, les tutsis devront se creuser les méninges
et collectivement. La diaspora, plus libre et plus éclairée
a priori, jouera dans ces conditions, les avant-gardistes de ce combat de
vie ou de mort. Puisque les tutsis de l’intérieur portent au
propre comme au figuré, le bandeau de l’imparable pouvoir hutu.
Exister et participer dans un sens à la vie politique, voilà qui
fera barrage à l’initial projet d’élimination physique
des tutsis. Puisque les meilleurs exemples de parfaits génocides se
recensent dans les pays où le concepteur contrôlait toutes les
structures économiques, politiques et militaires. Hitler et Havyarimana
en Allemagne et au Rwanda n’en disconviendraient pas. Hélas
on assiste à la même tendance au Burundi aujourd’hui.
Les hutus intègrent et contrôlent toutes les structures de l’administration
et ils font tout pour mettre la main sur l’économie à travers
un processus biaisé de privatisation. Tous les marchés sont
attribués aux hutus. Le dernier étant celui en rapport avec
la vente de l’Hôtel Méridien Source du Nil que Rajabu
vient de céder au multimillionnaire Nikobiri Siyoni.
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