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Burundi-indépendance
Coup
de colère du Chef de l’Etat… en live
Le Chef
de l’Etat burundais ne se fait pas d’illusions sur
le malaise qu’il inspire au peuple burundais auquel il vient
de voler impunément la victoire sous des façades
de démocratie. Et pour cause. Il se sait massivement détesté.
D’abord parce qu’il tient le pays en bride depuis déjà cinq
ans, qu’il a ruiné son économie, violé systématiquement
et allègrement tous les droits civils et politiques et envoyé sous
terres de nombreux Burundais qu’il avait trouvés sur
terre. Ensuite parce qu’il vient de se reconduire à la
tête du pays via des fraudes massives.
Sa vraie fausse victoire
nourrit chez lui une terrible obsession d’un homme cruellement
haï. C’est donc autour de cette hantise de la méfiance
qu’était centré son discours circonstanciel à l’occasion
de la célébration du 48ème anniversaire de
l’indépendance du Burundi, le 1er juillet 10. Comme à ses
habitudes, Pierre Nkurunziza improvise sa brève allocution,
simule un dialogue imaginaire avec un interlocuteur qui n’est
autre que ses opposants personnifiés. Manifestement en proie à une
vive colère, Pierre Nkurunziza introduit son propos par
une anecdote qui aura étonné plus d’un.
« Nous
célébrons aujourd’hui l’indépendance
que nous avons chèrement acquise grâce à la
détermination du Prince Louis Rwagasore qui a payé pour
sa vie et qui nous sert de modèle d’amitié et
d’unité, mais malheureusement, nous ne voulons pas
suivre son exemple car nous nous haïssons les uns les autres
pour des raisons politiques, ethniques, régionales, etc.
je viens de vivre personnellement cette amère expérience
ici et maintenant: pendant le défilé auquel nous
venons d’assister, j’ai été frappé par
un geste inamical qui m’a profondément marqué ;
en effet, moi, président de la République, j’ai
vu passer des gens, un homme et une femme et je les ai salués
de la main, mais ils ont refusé de me répondre, j’ai
tout de suite compris qu’ils se méfiaient de moi parce
que je ne suis pas de leur ethnie, c’est une honte de refuser
de répondre au salut d’un Chef de l’Etat, Père
de la nation, simplement parce qu’ils n’est pas de
votre ethnie », a étonné et détonné Pierre
Nkurunziza. Et de développer ensuite tout un réquisitoire
sur les nostalgiques extrémistes qui veulent toujours faire
couler le navire dont il est commandant de bord.
Le président
burundais s’en prend aussi aux autres qui, tout en étant éventuellement
de son ethnie, veulent quand même lui mettre des bâtons
dans la roue. C’est notamment ceux qui, non contents derésultats
des élections, veulent rallumer le feu de la guerre. « Nous
vous avons dans le collimateur et vous ne ferez pas un seul pas »,
menace-t-il. Son discours va-t-en-guerre témoigne en réalité d’une
chose : Pierre Nkurunziza a bien réalisé qu’il
y a comme une grisaille dans le ciel burundais. En dépit
de son prétendu succès électoral, il est pertinemment
convaincu qu’en déterrant la hache de guerre et en
s’alliant avec la galaxie des autres opposants au sein de
l’ADC-Ikibiri, Agathon Rwasa finira par l’éjecter
du fauteuil présidentiel volé.
C’est ainsi
qu’il préfère faire une fuite en avant pour
accuser les fauteurs de troubles. Le tyran voit le danger venir
et il tente de moraliser pour calmer les ardeurs des démocrates. |
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