NDADAYE héros de la démocratie
!
Une insulte aux Héros ; un casus belli aux victimes Tutsis du génocide.
Une clarification de mon propos s’impose pour éviter toute équivoque.
Loin de moi de contester à Mr Melchior NDADAYE sa qualité de Président
de la République du Burundi, Constitutionnel et donc légitime,
malgré toutes les critiques qu’on peut émettre quant à la
façon dont il a été élu.
D’autre part , je condamne énergiquement son assassinat et je suis
parmi ceux qui n’arrêtent pas de réclamer l’identification
et le jugement sans pitié de ses vrais assassins plutôt que de se
satisfaire des quelques boucs émissaires et fusibles qu’on nous
a brandis à l’occasion .
L’urgence pour un pouvoir responsable est de répondre à cette
exigence de justice et non de lui coller des titres à contre verses pour
des dessins occultes.
Président du Burundi il l’a incontestablement été et
mérité, Héros de la démocratie il ne le sera jamais,
du moins pour une bonne partie de Burundais. Or un Héros qui ne rencontre
pas l’unanimité de ceux pour qui il devrait l’être ne
l’est pas.
Néanmoins, n’oublions pas que dans leur langage codé ces
Huhus esclaves du pouvoir tribaliste, héréditaire du « peuple
majoritaire, « s’appellent désormais et sans sourciller les « démocrates «,
pendant que par juxtaposition tous les Tutsis sans distinction deviennent « l’opposition » ou « les
anti-démocrates «. Si c’est pour reconnaître à Ndadaye
le leadership de ces ratés de la civilisation moderne, là encore
il faudrait reconnaître à MIREREKANO la paternité de cette
conception abjecte de la démocratie, lui qui , le premier de l’histoire
du Burundi , inaugura , déjà en 1965 , le génocide des tutsis
du Burundi au nom de cette hérésie digne des psychopathes . Et
NDADAYE ne serait qu’un élève modèle.
A un autre point de vue , puisque chez eux tout est code interne , on voudrait
le consacrer le héros des Hutus qu’ils auraient encore du mal à convaincre
car bon nombre de Hutus qui ont refusé de l’accompagner dans son
idéologie génocidaire en ont payé autant que les Tutsis
et lui dénieraient cette représentativité rétrograde
.
Ceux qui veulent le disculper invoquent ses premiers discours à la prise
de ses fonctions présidentielles ainsi que la composition « équilibrée » ethniquement
de son Gouvernement. Je n’ai jamais dit qu’il était bête
; ce discours était un discours de circonstance et les Tutstis admis dans
ce Gouvernement relevaient d’un calcul mesquin. Les discours que continuaient à tenir
ces proches collaborateurs et le comportement des Tutsis de son Gouvernement
durant le génocide de leurs congénères, à commencer
par son Premier Ministre et son Ministre de la Défense ne me contrediront
pas. A l’image d’ailleurs de ce qui se passe présentement.
Le Président NKURUNZIZA nous berne avec des discours mielleux ou singe
l’idiot, pendant qu’il laisse ses Lieutenants s’occuper de
sa vraie politique : museler, piller, tuer. L’impuissance des Tutsis qu’il
s’est choisis dans son Gouvernement n’a d’égal que leur
cupidité et leur allégeance au nourricier du jour.
L’imposition de NDADAYE comme héros de la démocratie en rajoute
au ressentiment des rescapés du génocide qui désespèrent
par ce geste à faire juger les bourreaux des leurs. Au-delà d’une
provocation grossière, arrogante et avilissante, c’est clairement
une déclaration de la victoire des génocidaires avant les vrais
combats.
La responsabilité de NDADAYE dans le génocide des TUTSIS d’ Octobre
1993
Un Président démocratiquement élu avec un plan de génocide
en poche, c’est du déjà vu avec HITLER, sauf qu’avec
ce dernier, la moralité a triomphé.
Légitimant ce que tout le monde savait, une enquête dûment
commanditée par l’ONU, sur demande, S.V.P du Gouvernement de NTIBANTUNGANYA
Sylvestre, a reconnu que les massacres consécutifs à l’assassinat
du Président Melchior NDADAYE étaient principalement dirigés
contre les TUTSIS et constituaient bel et bien des actes de génocide dans
le chef du Parti FRODEBU.
Il est donc évident que ce génocide était pensé et
planifié du vivant de feu NDADAYE et par le Parti dont il était
le leader incontesté, donc avec au moins sa bénédiction.
Sans devoir recourir à des démonstrations superflues, lui-même
l’a avoué devant ses bourreaux : « Nti mukore amaraso ; ni
mwibuke imiryango yanyu ya ruguru « » . Il n’était tout
de même pas le seul à ne pas connaître le « code Juin « qui
a servi de mot de passe et compris spontanément par tous ses militants à travers
tout le pays avant même l’annonce officielle de sa mort.
Qu’il soit mis en œuvre après sa mort n’enlève
en rien sa responsabilité dans sa conception, son organisation, y compris
la mise en place de toute la logistique qui s’est déployé au
premier coup de sifflet de ses Lieutenants.
Que signifie cette béatification de mauvais goût
Le FRODEBU se rendant compte qu’il avait commis un génocide sans
pouvoir exterminer les Tutsis comme il l’avait planifié, devant
la pression des rescapés pour la reconnaissance internationale du génocide
et le châtiment de leurs auteurs, doublé d’un réflexe
naturel et légitime de survie pour l’ organisation de leur l’auto – défense
, il profita de son retour au Pouvoir pour créer la milice CNDD avec mandat « d’achever
le travail ».
Ce mouvement se proclama plus tard indépendant de leur parrain d’abord
pour des raisons tactiques avant de se diversifier ensuite peut- être pour
les mêmes raisons, parfois pour d’autres rivalités , mais
toujours avec cette obsession commune d’en finir avec le TUTSI .
C’est derrière leur stratégie éprouvée de jouer
l’éternelle victime et sous- couvert de combattre pour la « Démocratie »(le
pouvoir majoritaire Hutu , dans leur code) qu’il va mener toute cette guerre
qui n’avait d’autre ennemi que le Tutsi coupable d’être
né tel et qui ne se laisse toujours pas exterminer uniquement par les
machettes et les gourdins .
Si donc aujourd’hui leur pouvoir se précipite à proclamer
NDADAYE Héros de la Démocratie, c’est plus pour ennoblir
leur sale guerre génocidaire et en quête de leur reconnaissance
de combattants victorieux de la Démocratie que de reconnaître les
mérites de NDADAYE.
Mais plus loin et plus important que cela c’est la falsification de l’Histoire
et la négation ultime du génocide des Tutsis dont autrement ils
sont eux-mêmes solidairement comptables.
Voilà comment de bout en bout et de façon insidieuse ils sont entrain
de maquiller leurs crimes pour se présenter sous des habits d’honorables
démocrates
Quelques leçons à en tirer
Par ce geste qui s’ajoute aux autres, notamment les différentes
vagues de libérations cavalières des génocidaires en contrariant
les instances judiciaires et en les blanchissant sans état d’âme
comme des prisonniers politiques, le pouvoir CNDD-FDD vient une fois pour toutes
clarifier sa mauvaise foi et son incapacité de se repentir ou de réconcilier
les Hutus et les Tutsis.
Il vient par la même occasion de couper l’herbe sous les pieds de
tous les mécanismes de réconciliation et de Justice prévus
par les accords hypocrites et bancales convenues à Arusha, pour ceux qui
en ont cru une quelconque utilité un seul instant.
Si ces « démocrates naturels, héréditaires»,
les extrémistes Hutus, abusent de leur hégémonie numérique
pour asservir les Tutsis qui n’ont de tord en commun que d’être
moins nombreux, jusqu’à leur imposer des héros que ces derniers
considèrent non sans raison comme responsables de leurs malheurs, ce qui était
une faille entre les deux doit être considéré comme devenu
un cratère et en tirer les conséquences sans tarder.
Qui n’ont plus les mêmes Héros n’a plus le même
destin. Les Tutsis n’ont plus aucune raison dans ces conditions de confier
leur destin à un pouvoir Hutu sans s’assurer de peser avec un pouvoir équivalent
dans les instances vitales de l’Etat.
KAZIMA Amilcar
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