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L’ETAT ACTUEL DU PAYSAGE POLITIQUE BURUNDAIS


1. Considération liminaires

Au terme de l’année 2005 et quatre mois après la fin de la période de transition, le paysage politique burundais est, sans conteste, dominé par le CNDD-FDD dont la montée en puissance et l’affirmation de la suprématie dans tous les domaines se poursuivent irrésistiblement. Face à ce pouvoir hégémonique trois partis politiques hutu (le CNDD de Léonard NYANGOMA, le FRODEBU et KAZE FDD de Jean Bosco NDAYIKENGURUKIYE) font de la résistance et organisent une opposition institutionnelle, tandis que le PALIPEHUTU FNL d’Agaton RWASA repousse avec dédain la main que feint de lui tendre Pierre NKURUNZIZA.
De leur côté, les grands partis politiques tutsi (UPRONA, MRC, PARENA) ne disent rien, semblent se terrer, font profil bas et observent.
Par ailleurs, la composante tutsi de l’Armée et de la Police Nationale fait preuve d’une loyauté totale dont le CNDD-FDD semble se satisfaire en attendant le moment propice où le même CNDD-FDD aura les moyens politiques et militaires d’affaiblir et même de marginaliser cette composante tutsi au sein des Forces de Défense Nationale à l’effet d’acquérir une maîtrise absolue sur l’Armée burundaise comme ne cessent de le réclamer les membres les plus radicaux et les plus extrémistes du CNDD-FDD.
Car l’objectif du CNDD-FDD dirigé par le tandem Pierre NKURUNZIZA-Hussein RAJABU est de consolider son pouvoir, de l’inscrire et de l’ancrer dans la durée.
A cet effet, le CNDD-FDD compte venir à bout de la rébellion armée du PALIPEHUTU FNL par des moyens militaires et / ou diplomatiques, laminer progressivement tous les partis politiques et réduire au silence et à l’inaction tous les partis politiques tutsi à l’exception d’un seul : soit le MRC, soit l’UPRONA préalablement affaiblie et dirigée par une équipe acceptant le parrainage et la vassalisation par le CNDD-FDD. Le CNDD-FDD compte également acquérir une puissance financière et la consolider de manière à ce qu’elle lui assure une véritable autonomie vis à vis de l’Etat et qu’elle lui procure les moyens de gagner les prochaines élections présidentielles et législatives.
Quelle sera la réaction des autres acteurs politiques burundais à cette boulimie du CNDD-FDD pour le pouvoir et pour la puissance ? En quoi les paramètres exogènes et sous régionaux constituent-ils des impondérables da nature à réduire à néant le rêve hégémonique du CNDD-FDD dans l’hypothèse de leur occurrence et de modifier fondamentalement le paysage politique actuel ?

2. Panorama actuel du paysage politique burundais.

a. Dans le camp hutu :

Le CNDD-FDD

Comme nous l’écrivons plus haut, le CNDD-FDD du tandem NKURUNZIZA-RAJABU domine de tout son poids la scène politique burundaise.
Les dirigeants de ce parti se considèrent comme :
- élus de Dieu ( Aha turi twahashikanywe n’Imana dit souvent Pierre NKURUNZIZA)
- détenteurs de la légitimité populaire
- parangons de la Démocratie
- chouchous de la communauté internationale et de la sous région en particulier.
Aux autres acteurs politiques burundais, les dirigeants du CNDD-FDD apparaissent comme arrogants, sûrs d’eux et dominateurs, faisant la pluie et le beau temps, méprisant leurs adversaires hutu qu’ils traitent de IBIGABA, IMBURAKIMAZI, supportant mal les critiques qui leur sont adressées et ne tenant aucun compte du contenu de ces critiques. Par ailleurs à travers les discours et les déclarations des dirigeants du CNDD-FDD, il devient clair que l’on s’achemine vers un système de Parti-Etat et même de Parti Unique dans lequel le Parti CNDD-FDD oriente, contrôle et coordonne l’action du Gouvernement. Il est dit clairement par ces dirigeants que le Gouvernement a pour devoir exclusif d’appliquer le programme électoral du CNDD-FDD.
On sait que plusieurs mesures et décisions prises au cours des derniers mois ont émané directement de la direction du parti CNDD-FDD et on été exécutées par le Gouvernement sans qu’elles aient été soumises au préalable au Parlement et n’aient suivi les procédures législatives habituelles. Citons à titre d’exemple la suppression du salut au drapeau pour les fonctionnaires de l’État ou la décision de proclamer jours fériés les fêtes musulmanes. Par ailleurs un observateur de la vie politique burundaise qui a requis l’anonymat indique qu’une équipe de vingt six dirigeants du CNDD-FDD réfléchit actuellement sur la manière de laminer progressivement tous les partis politiques hutu et de réduire au silence et à l’insignifiance tous les partis politiques tutsi à l’exception d’un seul : soit le MRC, soit l’UPRONA dont la direction aura d’abord donné des gages de loyauté et de vassalité au CNDD-FDD.
C’est pour cela que le CNDD-FDD s’intéresse au plus haut point aux soubresauts qui agitent actuellement le parti UPRONA et souhaite que ce parti perde son statut de principal formation politique tutsi.
Le même observateur politique précise que la même équipe des vingt six dirigeants réfléchit sur la manière de doter le parti CNDD-FDD d’une véritable puissance financière en demandant aux grands hommes d’affaire et aux principaux opérateurs économiques d’adhérer au CNDD-FDD moyennant payement d’une cotisation annuelle très substantielle et en demandant aux entreprises des travaux publics qui recevront prochainement d’importants contrats de marchés publics de payer une quotte part au CNDD-FDD. Cela lui aurait été suggéré par le FPR.
Le même observateur politique indique que pour faire table rase du passé et établir un système politique et institutionnel acquits à sa cause et tout à son image le CNDD-FDD s’apprête à modifier la composition du drapeau national et de l’hymne national comme l’a fait le FPR au RWANDA. Par ailleurs il est question que le CNDD-FDD supprime ou laisse s’étioler l’institution d’UBUSHINGANTAHE pour la remplacer par l’UBUNTU ou l’UBUGABO étant entendu que pour le CNDD-FDD ce n’est pas l’UBUSHINGANTAHE qui définit la quintessence de la culture burundaise mais l’UBUNTU que, selon les dire du CNDD-FDD, notre pays partagerait avec l’Afrique du Sud.

Enfin le CNDD-FDD considère comme inexistant ou, dans tous les cas, comme définitivement clos le problème du partage du pouvoir politique entre Hutu et Tutsi, trouvant totalement normales et irréversibles l’actuelle vassalisation politique des Tutsi et leur relégation au statut de citoyens de seconde zone.

LE FRODEBU

Le FRODEBU sait pertinemment qu’il a perdu les dernières élections et donc le pouvoir parce que malgré tous ses efforts, il n’est pas parvenu à se doter d’une branche armée et donc d’une puissance militaire.
Le FRODEBU sait pertinemment que le CNDD-FDD de Pierre NKURUNZIZA a gagné les dernières élections et donc le pouvoir uniquement parce qu’il avait une banche armée et donc une puissance militaire qui lui a permis de s’assurer pendant plusieurs années le monopole de l’encadrement politique et du quadrillage idéologique des populations hutu du temps où il était dans le maquis.
Le FRODEBU sait pertinemment que jusqu’aujourd’hui il n’est pas parvenu à se doter d’un chef qui a l’envergure nécessaire pour prendre dans le cœur et l’esprit des populations hutu la place qu’y occupait Melchior NDADAYE.
Le FRODEBU sait pertinemment que les populations n’ont besoin que d’un roi d’un seul et que ce roi s’appelle actuellement Pierre NKURUNZIZA auquel ces populations hutu savent gré d’avoir obtenu l’intégration des rebelles hutu au sein de l’Arme Gouvernementale.
Le FRODEBU sait pertinemment qu’il est et qu’il sera encore pour longtemps la cible politique privilégiée du CNDD-FDD qui s’évertue à l’empêcher de regagner la place qu’il occupait naguère dans le cœur et l’esprit des populations hutu.
Voilà pourquoi le FRODEBU a choisi comme stratégie d’exploiter politiquement le vif mécontentement que suscitent et susciteront au sein des masses hutu les nombreuses bavures commises par le CNDD-FDD. Le choix de Léonce NGENDAKUMANA, député FODEBU de la Province BUJUMBURA RURAL (qui est le sanctuaire du PALIPEHUTU-FNL), comme président du FRODEBU était la manifestation de la volonté des dirigeants de ce parti de nouer une alliance avec le mouvement d’Agathon RWASA.

Même si le CNDD-FDD et le FRODEBU s’opposent violemment entre eux en ce qui concerne le leadership politique sur les populations hutu, ils sont parfaitement d’accord sur la nécessité, la pertinence et l’irréversibilité de la marginalisation politique des Tutsi.

Le CNDD de Léonard NYANGOMA :

Malgré ses incontestables talents d’organisateur et de mobilisateur, Léonard NYANGOMA a totalement échoué à s’imposer à l’intelligentsia et au leadership politique hutu comme le remplaçant attitré de Melchior NDADAYE dont il avait été le grand rival en 1993.
Par ailleurs, son refus obstiné de faire de son mouvement le CNDD la branche armée du FRODEBU comme le lui demandaient ses mentors lui a valu la disgrâce et l’hostilité des protecteurs et parrains internationaux et régionaux de la classe politique hutu de Julius NYERERE à l’IDC en passant par Tabo Mbéki et Nelson MANDELA.
En outre, les démêles sanglantes et le contentieux de sang qui ont marqué les relations entre Léonard NYANGOMA et le tandem NKURUNZIZA-RAJABU pendant les années du maquis contribuent à réduire considérablement l’influence de Léonard NYANGOMA dans plusieurs provinces du BURUNDI où le CNDD-FDD est solidement implanté. Rappelons à cet égard que voici deux mois le CNDD-FDD a officiellement accusé Léonard NYANGOMA d’avoir fait massacrer en commune MPANDA en Novembre 1997 une centaine de cadres militaires hutu du CNDD-FDD uniquement parce qu’ils n’étaient pas natifs de la Province BURURI.
Par ailleurs Léonard NYANGOMA souffre énormément auprès de l’intelligentsia hutu de l’image négative de leader politique arrogant, égoïste, imbu de l’idée qu’un Hutu natif de la province BURURI est supérieur aux Hutu natifs des autres provinces et qu’il est né pour gouverner.
Léonard NYANGOMA est persuadé néanmoins que ses démêles et ses ennuis politiques se limitent aux cercles très fermés et très réduits de l’intelligentsia et que s’il en a le temps et l’occasion il est parfaitement capable de s’imposer auprès des populations hutu comme le leader le plus charismatique et le mieux à même de défendre les intérêts vitaux de ces populations. Reste à savoir s’il parviendra à se réconcilier avec la direction actuelle du FRODEBU et à nouer une alliance politico-militaire suffisamment solide avec le PALIPEHUTU FNL d’Agaton RWASA dirigée contre le CNDD-FDD.

Encore une fois si le CNDD-FDD de Pierre NKURUNZIZA et le CNDD de Léonard NYANGOMA s’opposent violemment en ce qui concerne le leadership politique sur les populations hutu, ils sont parfaitement d’accord sur la nécessité, la pertinence et l’irréversibilité de la marginalisation politique de Tutsi.

Le PALIPEHUTU FNL

Il est hautement probable que le pouvoir en place dirigé par le tandem NKURUNZIZA-RAJABU choisisse comme stratégie de neutralisation d’Agathon RWASA la reconnaissance et l’agrément comme parti politique de l’aile dissidente du PALIPEHUTU FNL dirigée par Jean Bosco SINDAYIGAYA et lui accorde des postes au sein du Gouvernement et de l’Armée dans l’espoir que les combattants de son mouvement et ses partisans au sein des populations hutu vont déserter en masse l’aile du PALIPEHUTU FNL dirigée par le tandem Agathon RWASA Pasteur HABIMANA. Rien ne prouve que le CNDD-FDD va gagner ce pari et l’obstination avec laquelle Agathon RWASA continue de défier Pierre NKURUNZIZA indique que le leader du PALIPEHUTU FNL compte sur de nombreux appuis au sein de la Communauté Internationale, dans la Sous Région et au sein de certaines franges des populations hutu.

b. Dans le camp tutsi.

L’UPRONA

Ce parti politique est actuellement agité par une crise de leadership, d’identité idéologique, et de positionnement politique. Le prochain Congrès sera l’occasion pour le Parti UPRONA de se doter d’une nouvelle équipe dirigeante moins contestée et plus consensuelle et donc plus crédible et de décider si ce parti politique va s’affirmer comme parti politique réellement d’opposition ou s’il va continuer à garder le profil bas et à se taire face à l’attitude conquérante et hégémoniste du CNDD-FDD.
La question qui se pose actuellement est de savoir si la nouvelle équipe dirigeante issue du Congrès sera suffisamment solide et intelligente pour résister aux tentatives du CNDD-FDD de laminer l’UPRONA et de le mettre au rencard ou alors de le vassaliser.
La deuxième question est de savoir si la nouvelle équipe dirigeante de l’UPRONA aura la volonté et la détermination d’exiger du CNDD-FDD la révision de la Constitution du 28/02/2005 afin d’arriver à un véritable partage du pouvoir entre les Hutu et les Tutsi sur une base strictement paritaire.
On se souvient qu’au cours de l’année 2004, l’UPRONA était le porte étendard des exigences de ce partage du pouvoir.

Le PARENA

A l’issue de son dernier Congrès, le PARENA a opté pour une attitude d’expectative, estimant qu’il était prématuré de se positionner dans le nouvel environnement politique et qu’il convenait d’accorder au CNDD-FDD le bénéfice du doute. Par ailleurs le président du PARENA Jean Baptiste a choisi de saisir la perche que lui ont tendu les dirigeants du CNDD-FDD particulièrement Hussein RAJABU qui lui a proposé que soit noué entre le CNDD FDD et le PARENA une relation plutôt apaisée et une certaine coopération. Sans doute que le moment venu le PARENA sortira de sa réserve pour s'affirmer comme parti politique d'opposition.

Le MRC RURENZANGEMERO

On a l’impression que le MRC traverse une période de doute, d’interrogation sinon de torpeur après le cuisant échec de sa stratégie électorale consistant à rechercher des voix auprès de l’électorat hutu, lequel électorat lui a refusé ses voix, consistant également à rechercher une alliance et un alignement stratégique derrière le CNDD-FDD dans l’espoir d’obtenir le poste de Vice Président de la République, lequel poste lui a été refusé. Exténués politiquement, physiquement et financièrement, les dirigeants du MRC sont à la recherche de nouveaux repères et se préparent à définir de nouvelles orientations à l’occasion d’un Congrès du parti qu’ils tiendront prochainement.

3. PERSEPECTIVES D’EVOLUTION

Face à cette boulimie du CNDD-FDD pour le pouvoir et pour la puissance, il est hautement probable que dans le court terme les autres acteurs politiques n’aient pas la volonté ou la capacité de s’opposer. Mais à moyen terme, il est prévisible que le CNDD-FDD connaisse de graves divisions internes entre les partisans d’Hussein RAJABU et ceux de Pierre NKURUNZIZA, entre les partisans d’une hutisation à outrance et ceux qui prônent la modération et l’ouverture à d’autres ethnies, entre ceux qui sont opposés à l’alliance avec Paul KAGAME et ceux qui soutiennent la consolidation de cette alliance. Les perdants de cette confrontation fratricide vont grossir les rangs de l’opposition et s’allier au FRODEBU et au CNDD NYANGOMA pour combattre le régime actuel. Il en est de même de plusieurs franges de l’électorat hutu qui ont voté pour le CNDD-FDD en Juin 2005 et qui sont déjà agacés par les nombreuses bavures du CNDD-FDD. En outre il est hautement probable qu’à moyen terme les militants de base des grands partis politiques tutsi fassent pression sur les dirigeants de ces partis pour qu’ils exigent la révision de la Constitution du 28/02/2005 afin d’instituer un véritable partage du pouvoir politique entre les Hutu et les Tutsi.
Par ailleurs, les prochaines élections en RD Congo aboutiront, quelque soit le vainqueur, à l’émergence d’un pouvoir fort soutenu par la Communauté Internationale ; ce qui aura pour corollaire de laminer l’actuel statut de puissance sous régionale du régime rwandais de Paul KAGAME. En ce moment le CNDD-FDD sera obligé de renoncer à son alliance stratégique avec Paul KAGAME et à sa protection. Ce qui va contribuer à l’affaiblissement et à la déstabilisation du CNDD-FDD.
Enfin rien n’indique que la TANZANIE va soutenir le CNDD-FDD contre le PALIPEHUTU-FNL d’Agathon RWASA dans leur guerre fratricide pour le pouvoir .


Athanase BOYI.


 

 

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