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ON PEUT FAIRE L’ ECONOMIE D’UNE AUTRE GUERRE.

La bonne Gouvernance, c’est d’abord la bonne conscience.
Depuis l’ignoble libération illégale de ses ouvriers du génocide des Tutsi d’octobre 1993, le CNDD-FDD affiche avec une arrogance à peine voilée ses incurables dessins envers la Communauté Tutsi. La prétendue réconciliation des burundais servie à l’opinion n’est plutôt que la réconciliation des dirigeants actuels avec leurs militants à qui ils avaient garanti l’impunité en exécutant aveuglement leurs ordres d’exterminer les Tutsi.

La persécution incessante des jeunes des quartiers dits tutsi, l’accaparement par mouvements de masse des propriétés occupées légalement par des familles tutsi « gusita », la persécution des éleveurs de vaches, l’emprisonnement inimaginable des responsables et militants d’une organisation qui n’a de tord que de lutter contre le génocide, dont Monsieur Sibomana Thacien empêché de rendre honneur à son frère Dr Barekayo trié d’un bus par leurs hommes pour être tué comme une mouche sur la route, etc. ; tout ceci n’est qu’un début .
Si un journaliste peut se faire arrêter pour une photo prise dans la nature, c’est que cet endroit abrite malheureusement ce qu’il y a de plus caractéristique de leurs œuvres macabres : la fosse commune de plus de 300 Tutsi surpris dans leur sommeil dans un camp de fortune et massacrés au finish aux ordres des hommes qui nous gouvernent.

A savoir que tout cela se fait au vu et au su des soi-disant représentants des Tutsi qui sont dans les Institutions de la République mais réduits à la figuration par une Constitution issue d’une escroquerie politique obtenue à cause de l’irresponsabilité politique de certains Tutsi depuis les négociations d’Arusha et à une pression coupable d’une médiation acquise d’avance aux revendications aussi exorbitantes que dangereuses des négociateurs de la partie adverse.

L’état du Burundi dans ces limites géographiques actuelles était dirigé par un pouvoir monarchique de droit divin dont les Historiens n’arrivent pas jusqu’aujourd’hui à se mettre d’accord sur l’identité ethnique de ces représentants. Sauf les génocidaires des Tutsi qui les massacrent avec ces derniers. Hutu et Tutsi étaient sujets d’un même Roi, priaient le même Dieu et parlaient la même langue. Certains clans, aussi bien hutu que tutsi, avaient des faveurs à la Cour mêmement pour des corvées. Certains rites exigeaient même des sacrifices à mort dans les clans tutsi.

Cependant, comme au Rwanda de la fin des années 1950, le Pouvoir colonial et le très puissant Clergé Catholique se sont investis à diviser les Hutu et les Tutsi pour faire échec aux mouvements indépendantistes de l’époque. L’inoculum n’a pas suffit au Burundi et l’ancien Gouverneur colonial Jean-Paul HARROY ne résistera pas à intituler son livre sur le Burundi publié chez Hayez en 1987 « Souvenirs d’un combattant d’une guerre perdue ».

Se nourrissant de l’exemple du Rwanda de Grégoire Kayibanda de l’époque, une certaine élite hutue, encadrée et poussée par des lobbies étrangers qui ont structuré l’idéologie du génocide des Tutsi au Rwanda, continuera sans état d’âme à former la masse hutue du Burundi à la haine du Tutsi et à leur nécessaire disparition.

Depuis, des organisations hutues n’ont cessé de revendiquer la hutité et le droit de la Communauté hutue à l’exclusivité du sol et du pouvoir, les Tutsi n’étant que des colons minoritaires et des ennemis qui ne méritent que de partir, au mieux de périr. Cette idéologie a mûri et s’est généralisée à travers les générations et au gré des événements pendant que les Tutsi se perdaient en conjectures unionistes sans en mesurer les conséquences pour une nécessaire et salutaire acceptation de leur identité communautaire et défendre leurs droits légitimes.

C’est sur fonds de cette idéologie que le FRODEBU a gagné les élections en 1993 et que sa milice CNDD-FDD vient de faire le plein des voix à tous les échelons des élections de 2005. C’est aussi à travers ces slogans sur fond de haine ethnique que tant de Hutu se lèvent comme un seul homme à un coups de sifflet tel le « code juin » de 1993 pour exterminer tout ce qui est, qui ressemble, qui appartient ou qui rappelle l’existence des Tutsi. Les slogans de propagande se sont mués en programme de gouvernement ; l’exclusion politique et la menace d’extermination physique permanente sont devenues instruments de domination.

Devant cette réalité que ce qui était conjoncturel hier est devenu structurel aujourd’hui, les responsables politiques des deux communautés doivent envisager d’urgence des réformes conséquentes et profondes de l’Etat pour faire l’économie d’une possible confrontation communautaire au finish.

Des situations de crises ethniques conjoncturelles, leurs récurrences à travers les générations depuis 1959 au Rwanda et l’ampleur de celle qui dure depuis 1993 au Burundi ont fini par imprimer dans ce pays un antagonisme structurel pour longtemps. Les dits accords d’Arusha ne sont d’accord sur ce fait que pour en tirer des solutions sans inspiration et pour consacrer une fausse et éphémère victoire d’un camp sur un autre.

Ce ne sont pas ces Tutsi choisis par les ultras Hutu pour les faire élire sur les listes électorales de leurs organisations qui assumeront la défense des enjeux de la communauté tutsie. Les faits ont suffisamment démontré qu’ils sont plutôt loyaux à leurs mandants qu’à leur communauté.

L’exemple est encore vivant. Léonce Ndarubagiye et Joseph Ntakirutimana sont des Tutsi, étaient députés du FRODEBU dans leurs Provinces d’origine respectives en 1993. Ils furent les premiers à appliquer les consignes du « code juin » pour démarrer le génocide Tutsi. Et Ngendahayo Jean-Marie qui n’en était pas moins un rivalisait de zèle avec Schadrac Niyonkuru et les siens pour appeler les « Démocrates » à la « résistance ».

Ce ne sont pas non plus les quelques autres figures tutsies provenant de l’un ou l’autre Parti dit tutsi mais piqués à la préférence des leaders hutus ayant gagné les élections qui vont faire mieux. Tout ce monde pourrait même être à 50% dans les Institutions qu’il ne servirait que de couverture aux décisions prises sans lui. Ces Tutsi « de service » n’ont de choix qu’entre la loyauté de leur autorité de nomination ou leur limogeage.

Encore une fois, l’exemple est ce monument symbolique qu’est devenu le 1er Vice-président de la République nommé par le CNDD-FDD. Ne fut-ce que pour rester à sa place, il est obligé d’accompagner le Pouvoir CNDD-FDD dans ses programmes jusqu’aux plus indignes tels que la libération des condamnés pour génocide des Tutsi, les emprisonnements des journalistes pour des causes qui lui sont étrangères, l’emprisonnement arbitraire des citoyens innocents jusqu’aux élèves du primaire arrachés à leurs éducateurs, etc.

Bientôt il va être comptable malgré lui de l’interdiction de certains médias privés, de certaines organisations de la Société civile à commencer par AC-Génocide, de certains Partis politiques de l’opposition, de l’association des éleveurs pour en finir avec « la vache du Tutsi », etc. . Et ceci est valable pour toutes ces personnes qui sont sensées représenter la Communauté Tutsi dans les Institutions actuelles ou à venir tel que organisé par la Constitution actuelle. A la limite, un % même plus faible autrement élu par sa communauté et pour un mandat explicite, redevable devant elle vaut mieux que n’importe quel quota préféré et promu par et pour le camp adverse.

Cette représentation de la Communauté Tutsi n’aura de sens et d’efficacité que quand elle sera assurée par des gens soudés par une cause commune, un mandat commun avec un devoir de rendre compte à leur communauté et agissant avec le soutien de cette dernière. Et, n’en déplaise à certains, ceci devra passer par la révision de la Constitution et la redéfinition des prérogatives des uns et des autres dans les Hautes Instances de décision de la Bonne Gouvernance d’Etat.

Le principe dorénavant incontournable des élections intra-communautaires doit être consacré par la Constitution. Si les Tutsi sont numériquement moins nombreux que les Hutu, il n’en reste pas moins qu’ils constituent une communauté à part entière comme l’est la communauté hutu. Et si on en est arrivé là, la représentation ne doit pas seulement être assurée par un mandat communautaire mais doit être absolument paritaire ne souffrant d’aucun complexe numérique dans toutes les Institutions politiques et sécuritaires du Pays.

D’autre part, autant les Tutsi ne sont pas quantité négligeable, autant ils doivent refuser d’être des citoyens de seconde zone ou des éternels seconds. C’est pourquoi avec le principe des droits égaux des deux communautés, l’Institution présidentielle doit être assurée alternativement par un Président élu au suffrage universel intra-communautaire, qui probablement pourrait être responsable devant le Parlement paritaire.

Pour nos pays amis, ceux faisant semblant de l’être ou obstinément ennemi, qui privilégient chez nous la loi du nombre démographique même au prix d’un génocide contre les minorités, nous leur demandons de revoir le mode de vote dans leurs organisations. Pour ne citer que quelques exemples : le vote du Luxembourg compte autant que celui de l’Allemagne unifiée dans l’Union Européenne ; et la Chine a une voix égale à celle de la France à l’ONU. Chez notre grand conseiller Belge, les Flamands n’ont jamais prétendu aux exclusions ni aux quotas en faveur de leur plus grand nombre (77%) aux Institutions Fédérales de l’Etat Belge.

Le camp hutu a toujours pris l’initiative de guerre pendant que les Tutsi restaient sur la défensive prêts à tous les compromis jusqu’aux plus humiliants, par un jeu de manipulations et de complots internes et externes.
Les Tutsi des temps actuels doivent comprendre qu’ils seront redevables devant l’Histoire et devant leurs descendants de les avoir condamnés à une subordination politique atavique et stupide.


KAZIMA Amilcar


 

 

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