Kagame appelle à une coalition "pour
contrer" les adversaires de l'Afrique
le devoir, 05-01-2007
De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent désormais ouvertement
la
"
création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances
é
trangéres.
De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent désormais ouvertement
la
"
création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances
é
trangéres.
Le président rwandais Paul Kagamé a appelé à la
formation d'une
coalition de pays africains pour "contrer tout adversaire
anti-africain" , notamment la France, dans un entretien paru vendredi
dans plusieurs journaux ivoiriens.
"Mon point de vue est très clair. Nous devons former une coalition
pour contrer tout adversaire anti-africain auquel nous sommes
confrontés, qu'il s'agisse de la France ou de tout autre adversaire",
a déclaré M. Kagamé à plusieurs quotidiens ivoiriens.
"Bien évidemment au nombre de ceux qui affichent des attitudes
anti-africaines figure la France", a ajouté le président
rwandais dont
les propos sont rapporté par des journalistes rentrés d'un
séjour
d'une semaine aux pays des milles collines.
Il a également appelé à une collaboration inter-africaine
pour la
résolution des différends et la construction des Etats du continent
noir.
"Nous devons collaborer davantage, travailler ensemble pour résoudre
les problèmes auxquels notre continent est confronté et demander à nos
partenaires d'être non des maîtres, mais des partenaires" ,
a-t-il ajouté.
Le président rwandais a annoncé qu'il se rendrait prochainement
en
Côte d'Ivoire pour une visite qui "doit être appréciée
d'un point de
vue purement positif et non interprétée comme une visite qui
vise à
nuire à un adversaire quelconque".
Le Rwanda est en crise ouverte avec la France avec lequel il a rompu
récemment ses relations diplomatiques après la recommandation
du juge
Jean-Louis Bruguière de poursuivre M. Kagamé pour sa "participation
présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président
rwandais
Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.
Paris et Abidjan entretiennent des relations difficiles. Paris est
accusé ouvertement de couvrir les rebelles et d'empêcher la
réunification du pays en installant ses 3.500 militaires aidés
par
7.000 Casques bleus sur une bande coupant ainsi le pays en deux
parties (nord et sud), et en instrumentalisant le conseil de securité
de l'Onu.
VOICI l'INTEGRALITE DE L'INTERVIEW PRESIDENT RWANDAIS PAUL KAGAME
Monsieur le Président, votre pays se relève petit à petit
des
é
vènements douloureux qu'il a vécus; je veux parler du génocide
qui a
fait près d'un million de morts.
Douze ans après ces évènements douloureux et 6 ans après
votre
accession au pouvoir, comment se porte le Rwanda aujourd'hui?
Bien, nous demeurons convaincus que le peuple rwandais ne mérite
pas
ce qui lui a été donné de vivre, et nous croyons fermement
que ce
peuple vaut nettement mieux que l'image que le précédent régime
a fait
répandre de lui. Ce peuple mérite un meilleur avenir et il
a les
moyens d'y parvenir. Nous encourageons donc nos concitoyens à aller
de
l'avant, à tirer des leçons du passé (aussi douloureux
soit-il). La
détermination des Rwandais a donné lieu à des progrès
considérables en
termes de dépassement des difficultés liées à la
tragédie qu'a vécue
notre nation.
Monsieur le Président, la séparation des pouvoirs est une
réalité
aussi bien au Rwanda qu'en France. Pourquoi avoir rompu vos relations
diplomatiques avec la France dans une affaire qui relève de la justice
au plan strict?
Cette question ne concerne en rien la justice. Pour une bonne
compréhension du problème que pose ce juge français
(Jean-Louis
Bruguière, ndlr), il faut avoir une bonne connaissance de toute
l'histoire. Il s'agit plus de politique qu'autre chose; il s'agit de
l'implication ou non de la France dans la tragédie du Rwanda, le génocide.
Il est à mon sens très important de situer le débat
dans le contexte
international et de comprendre qu'il s'agit de toute la problématique
de la juridiction internationale. Il ne s'agit pas seulement de la
France d'une part et du Rwanda de l'autre, mais plutôt d'un problème
d'équité entre les nations du monde. Le Rwanda et l'Afrique,
de
manière générale, ne semblent pas avoir la même
valeur que les autres
nations du monde. Par conséquent, la justice apparaît comme
ayant
moins de valeur quand il s'agit du Rwanda ou de l'Afrique que pour les
autres nations du monde. Pour illustrer mon point de vue, je ferai
référence au génocide rwandais dans lequel a péri
un million de
personnes. Pour ce juge français, ces personnes (un million de
Rwandais tués) sont beaucoup moins importantes que leur ami
Habyarimana (qui certes était Rwandais) et moins importantes que les
cinq membres de l'équipage français qui ont péri dans
l'attentat
contre l'avion du Président Habyarimana, qui a été abattu
et pour
lequel les responsabilité s semblent ne pas être encore clairement
situées, étant donné qu'il n'y a pas eu d'enquêtes
ouvertement menées
ou du moins que l'on n'a pas fait connaître les coupables, quoiqu'à
notre niveau, les responsabilité s soient établies.
Par ailleurs il se pose un problème beaucoup plus dangereux: un juge
en France agissant pour le compte du gouvernement français tente de
faire apparaître que le génocide rwandais a été provoqué par
l'attentat de l'avion du Président Habyarimana, alors que nous savons,
d'après notre histoire et d'après les faits, que le génocide
remonte à
1959; et même plus récemment avant l'année 1994, plus
précisément
depuis le début des années 90 (à savoir 1991, 92, 93).
Après le
déclenchement du génocide, il y a eu des preuves patentes de
la
préparation de ce génocide. Alors, prétendre que le
génocide a été
provoqué par l'attentat est une manière de travestir les faits
et par
là-même, notre histoire et la tragédie de notre peuple.
Alors, le simple fait qu'un juge vienne d'un pays développé suffit
pour faire apparaître tout ce qu'il dit comme parole d'Evangile; il
peut se permettre d'ignorer totalement les faits majeurs.
Nous pensons que si ce juge se veut crédible, il devrait faire preuve
d'un minimum de sérieux. Ceci nous amène à nous poser
deux questions
essentielles:
- Comment ce juge a-t-il pu se permettre d'introduire en justice avec
autant de liberté un dossier aussi léger et incohérent,
qui n'aurait
jamais pu être accepté par aucune juridiction?
- Pourquoi ce juge français occulte-t-il entièrement la question
de
l'implication de la France dans le génocide du Rwanda? Il ne mentionne
absolument rien sur cette question qui demeure pour nous le problème
essentiel; il ignore également un fait que nous dénonçons, à savoir
que plusieurs génocidaires résident aujourd'hui en France.
Tout ceci
paraît très peu important pour ce juge français.
Monsieur le Président, l'Afrique est minée par de nombreux
conflits.
Crises en Côte d'Ivoire, au Tchad et en Centrafrique. Dans certains
de
ces pays, la France est intervenue militairement dans les combats pour
sauver des régimes. Ce qui n'a pas été le cas quand
il s'est agi de la
Côte d'Ivoire. Alors Monsieur le Président, la France ne gère-t-elle
pas ces conflits de façon sélective au gré de ses intérêts?
Je pense que nous Africains sommes les premiers responsables de ce qui
nous arrive. Comment pouvons-nous permettre à d'autres de venir nous
manipuler au gré de leurs intérêts et décider
pour nous?
Ceci n'absout pas la France et toutes les autres nations qui viennent
s'immiscer négativement dans les affaires d'autres nations, au point
de s'arroger le droit de choisir qui peut être au pouvoir et qui ne
doit pas l'être; qui ils n'aiment pas et qui ils veulent démettre
de
ses fonctions.
Si nous admettons qu'il n'appartient pas aux autres de décider à notre
place, alors nous devons faire en sorte que ceux qui veulent nous
imposer leur bon vouloir n'y parviennent pas.
Monsieur le Président, il y a un an, vous aviez invité le
Président
Laurent Gbagbo, un Africain de l'Ouest, au sommet du COMESA,
plate-forme d'échanges économiques entre pays de l'Afrique
australe.Quelles sont les motivations de cette invitation, pour le
moins inattendue?
Par ailleurs, j'ai souvenance que lors de ce même sommet, vous aviez
présenté le Président Laurent Gbagbo comme un digne
fils de l'Afrique.
Qu'est-ce qui vous l'a fait dire ?
Le COMESA fait partie du projet d'intégration de l'Afrique qui est
en
cours et nous sommes heureux de l'existence d'un tel projet qui
rassemble des pays africains; et pour le cas d'espèce, l'Afrique
Australe et de l'Est. Cependant, l'idéal auquel nous aspirons consiste
à
rassembler toute l'Afrique; c'est bien sûr un idéal; nous sommes
réalistes et savons bien évidemment que cela va se faire
progressivement. Il existe différents groupes sous-régionaux
et nous
voulons que le COMESA soit l'un de ces groupes. Certains pays ont déjà
fait une demande d'adhésion. Je me souviens encore que nous avions
demandé au Président Gbagbo d'être notre invité,
il avait exprimé en
son temps le désir de faire partie ou de collaborer avec le COMESA.
La
Libye avait également manifesté le désir d'adhérer
au COMESA; elle est
par la suite devenue membre à part entière du COMESA. Nous
ne pouvons
donc pas refuser ceux qui manifestent le désir d'adhérer au
COMESA. Ce
qu'il y a lieu de faire, c'est de trouver la bonne formule qui
permettra le bon fonctionnement de l'association, étant donné que
nous
sommes originaires de différentes régions géographiques
d'Afrique.
Après notre rencontre et les discussions que nous avons eues, le
Président Gbagbo m'est apparu comme un de ces dignes fils d'Afrique
qui désire ardemment travailler pour le bien-être de notre continent.
Ce que j'ai appris le concernant, et ce que je savais auparavant, et
le soutien sans faille que lui voue son peuple sont autant d'éléments
qui me confortent dans ma position. Je n'ai donc aucune raison de
douter de ce que le Président Gbagbo est cet homme-là qui est
au
service de son peuple, et partant, de l'Afrique tout entière.
Monsieur le Président, je voudrais demander votre indulgence pour
poser une dernière question en deux parties.
Premièrement, est-ce que l'on peut parler d'un axe Abidjan-Kigali,
pour
constituer «l'axe fort» contre l'ordre établi, l'ordre
des grands dans
les relations
internationales? Deuxièmement, quand est-ce qu'on peut s'attendre à
vous voir à Abidjan puisque le Président Laurent Gbagbo est
venu ici
vous témoigner son amitié?
Je me souviens d'un dirigeant européen (Ndlr, Jacques Chirac) qui
disait à propos du Président sud-africain (Ndlr, Thabo Mbeki)
qu'il
n'était pas en mesure de comprendre ce qui se passait en Afrique de
l'Ouest. Une personne ne peut pas à partir de l'Europe, prétendre
connaître mieux l'Afrique qu'un autre Africain. Je ne partage pas du
tout ce point de vue. Pour moi, les Africains sont les mieux placés
pour se comprendre, échanger, travailler avec d'autres Africains.
Je
ne dis pas que la contribution de non Africains dans les rapports
entre nations n'est pas utile, mais cela ne fait l'objet d'aucun doute
que nous, Africains, avons besoin de plus de rapprochement dans la
résolution de nos différends, dans la construction de nos Etats.
Nous
avons besoin de communiquer entre nous dans notre recherche d'aide et
de partenariat. Le fait que le Rwanda appartienne à tel pays européen,
et que la Côte d'Ivoire appartienne à tel autre pays d'Europe
n'a
aucun sens. Je pense honnêtement que ces choses doivent être
revues,
repensées; nous n'appartenons à personne, nous nous appartenons à
nous-mêmes. Cet ordre des choses doit changer.
Nous avons besoin de communiquer avec le reste du monde, c'est
certain. Nous parlons d'un nouveau type de partenariat dans lequel
nous nous évaluons sur la base de l'équité.
Je serais très heureux de rendre visite au Président Gbagbo
et au
peuple de Côte d'Ivoire. Cette visite doit être appréciée
d'un point
de vue purement positif et non interprétée comme une visite
qui vise à
nuire à un adversaire quelconque. Nous voudrions tout simplement lui
rendre l'amitié qu'il nous a faite en se rendant au Rwanda. J'aimerais
bien me rendre en Côte d'Ivoire. Il s'agit pour moi de déterminer
le
moment adéquat pour effectuer le voyage.
Monsieur le Président, je voudrais d'abord citer le Président
ougandais Yoweri Museveni qui est un grand ami à vous: «La France
s'ingère dans les affaires africaines de façon ouverte. Alors,
il faut
une coalition africaine anti-française» . Est-ce que vous pensez
la
même chose? Si oui, comment pensez-vous que cette coalition peut
s'organiser?
Mon point de vue est très clair. Nous devons former une coalition
pour
contrer tout adversaire (anti- africain) auquel nous serons
confrontés, qu'il s'agisse de la France ou de tout autre adversaire.
Bien évidemment, au nombre de ceux qui affichent des attitudes
anti-africaines, figure la France. Pour moi, nous devons, collaborer
davantage, travailler ensemble pour résoudre les problèmes
auxquels
notre continent est confronté et demander à nos partenaires
d'être non
des maîtres, mais des partenaires. (Propos recueillis à Kigali
par
Ferro M. Bally)
De nombreux chefs d'Etats africains dénoncent de plus en plus la
"
création et l'exploitation" de conflits en Afrique par les puissances
européennes et américaines.
Washington "crée et exploite" des conflits en Afrique de
l'Est
L'Erythrée avait mis en lumière les visées des États-Unis
d'utiliser
le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU,
prévoyant le
déploiement d'une force militaire internationale en Somalie, comme
«
camouflage à une invasion» de ce pays.
Selon le ministre érythréen de l'Information, Ali Abdu, «les
É
tats-Unis sont les auteurs véritables de ce projet de résolution
-
dont le peuple somalien ne veut pas - et ils ne l'ont écrit que pour
camoufler leur invasion de la Somalie.»
M. Abdu a ajouté que l'intention des États-Unis était également
de
déstabiliser toute la région de la Corne de l'Afrique.
Washington a présenté au Conseil de sécurité de
l'ONU un projet de
résolution prévoyant le déploiement en Somalie d'une
force de paix
composée de contributions de pays de la région. Ce projet a été
accepté par le conseil de sécurité.
Cette force est soi disant destinée à renforcer le gouvernement
somalien de transition "menacé" par les milices des tribunaux
islamiques qui contrôlent la capitale et la majeure partie du centre
et du sud du pays. L'intervention américaine ne servira à rien
d'autre
sinon à destabiliser davantage ce pays et ceux de la zone. Ce que
dénonce tous les chefs d'Etats de la région.
Le projet d'envoi d'une force régionale en Somalie «constitue
un
danger pour la sécurité et la stabilité de la région.
Il faut laisser
les Somaliens résoudre leurs problèmes tous seuls», aavait-il
insisté.
Washington "crée et exploite" des conflits en Afrique de
l'Est
Le président érythréen Issaias Afeworki avait d'ailleurs
accusé les
Etats-Unis de contribuer à l'instabilité et aux conflits dans
la Corne
de l'Afrique, particulièrement en Somalie.
Les Etats-Unis "aiment vivre sur les conflits, ils les créent
et les
exploitent". Leur principal allié dans la région, l'Ethiopie,
est
"
leur outil et leur marionnette" .
Lors d'un entretien mardi 14/11/2006 à Djibouti en marge du sommet
du
Marché commun d'Afrique australe et de l'Est (Comesa), M. Afeworki
avait souligné que "la stabilité en Somalie", en
guerre civile depuis
1991, "influe sur la stabilité dans la Corne de l'Afrique".
Selon lui, le gouvernement d'Addis Abeba "a contribué à l'instabilité
en Somalie et les Etats-Unis ont contribué à l'instabilité dans
la
Corne de l'Afrique. L'implication extérieure est la menace la plus
importante qui pèse sur la Somalie".
"Nous soutenons le choix du peuple somalien, nous n'acceptons aucune
intervention extérieure", avait dit M. Afeworki.
Le chef de l'Etat érythréen reproche en outre aux Etats-Unis
"
d'invoquer encore la menace terroriste dans la région".
Pourtant, selon lui, "la situation sur le terrain a changé:
les
Somaliens sont fatigués des combats, des chefs de guerre, et
maintenant ils veulent la reconstitution de la Somalie, que ce soit
par les tribunaux (islamiques) ou n'importe qui".
"S'il y a des preuves de présence terroriste en Somalie, qu'on
nous le
fasse savoir", lance le président érythréen.
M. Afeworki a refusé que Washington s'implique en Somalie en utilisant
"
le parapluie de la lutte contre le terrorisme parce que cela
compliquera tout".
Les Etats-Unis ne veulent pas de la paix dans cette région africaine.
"
Ils aiment vivre sur les conflits, ils les créent et les exploitent",
avait-il lancé.
Pour lui, "les Etats-Unis ne veulent pas résoudre les problèmes
et
l'Ethiopie en profite". Les responsables éthiopiens ne sont selon
lui
que "des outils et des marionnettes" de Washington, conclut-il.
Le président ougandais dénonce les ingérences de la
France en Afrique
Le chef de l'Etat ougandais, Yoweri Kaguta Museveni a vivement
condamné la propension du gouvernement français à vouloir
se mêler des
affaires africaines.
D'après Museveni les « Européens doivent être
raisonnables.
Ils devraient rester en dehors des affaires africaines. Et je leur ai
dit cela récemment lors de mon dernier séjour à Bruxelles
en
Belgique», a dit le président ougandais au cours de sa conférence
qui
a duré deux heures de temps.
Le sudan aussi s'oppose à la présence étrangére
dans cette zone
Le président soudanais Omar el-Béchir a fortement contesté la
grille
de lecture occidentale du conflit au Darfour, qui n'est rien d'autre
qu'un conflit local exacerbé par des ingérences étrangères
et ne
nécessitant aucune intervention internationale.
M. Béchir a assuré qu'"on ne pouvait parler ni de génocide,
ni de
nettoyage ethnique ni de viols collectifs" dans le Darfour, dans ses
réponses lundi soir aux questions de journalistes l'interrogeant de
plusieurs capitales occidentales et arabes par liaison vidéo.
Ce sont les Etats-Unis qui parlent de génocide dans cette région,
relayés par leurs alliés britanniques et français, et
leurs nombreuses
ONG. Un rapport international vient d'ailleurs de nier l'existence de
tout génocide au Darfour.
"Le chiffre de 200.000 morts est faux et le nombre de victimes n'a
pas
atteint les 9.000", a déclaré M. Béchir à propos
du bilan bombardé
quotidiennement depuis des mois par les agences de presse et medias
occidentaux.
"Toutes les statistiques sont faussées et le taux de mortalité
infantile au Darfour ne dépasse pas celui de Khartoum", a-t-il
dit,
accusant les médias occidentaux de gonfler les chiffres des pertes
humaines pour justifier une intervention internationale dans son pays.
"Toute information sur une détérioration de la situation
au Darfour
est fausse", a-t-il poursuivi en affirmant que sur les 23
sous-préfectures des trois Etats du Darfour, seules cinq situées
dans
le nord de cette région et le long de la frontière avec le
Tchad,
connaissent des problèmes de sécurité.
Le président soudanais décrit le conflit comme la conséquence
d'années
de sécheresse au Darfour qui ont créé des frictions
entre tribus
pastorales et agriculteurs, le tout exploité par des pays étrangers.
L'importance des réserves de pétrole du Darfour attise en effet
toutes
les convoitises.
De même ce sont les pays occidentaux, dont les visées économiques
sautent aux yeux, qui parlent constamment de " conflit ethnique".
Ce
qui est totalement faux.
Omar el Bachir avait dit que les forces de paix africaines déjà sur
le
terrain étaient capables de contenir la situation.
A propos de la propagande occidentale pour déployer des "forces
de
l'Onu" au darfour, le président repnd que:
"
On risque d'avoir au Soudan un Bremer numéro deux et regardez ce
qu'il a fait de l'Irak", a-t-il dit en référence à Paul
Bremer,
l'administrateur civil américain, dont la gestion des affaires
irakiennes après la chute du régime de Saddam Hussein en avril
2003 a
é
té catastrophique et très critiquée.
Les pressions occidentales (Etats-Unis, Grande Bretagne et France
notamment)pour disposer de troupes onusiennes au Darfour a de nouveau
é
té rejetée par le président soudanais.qui dénonce
ainsi la tentative
de coloniser le pays et M. Béchir a expliqué que la résolution
1706
é
tait inacceptable parce qu'elle prévoit de "placer le Darfour
hors de
l'autorité du gouvernement" . Ce que refusent evidememnt Khartoum,
de
même que l'Union Africaine, la Ligue Arabe, la Chine, la Russie...
Le président el-Bachir rejoint les nombreux chefs d'Etats africains
qui dénoncent de plus en plus la "création et l'exploitation" de
conflits en Afrique par les puissances européennes et américaines.
M. Afeworki a refusé que Washington s'implique en Somalie en utilisant
"
le parapluie de la lutte contre le terrorisme parce que cela
compliquera tout".
De même le Soudan refuse que les Etats-Unis (et leurs alliés
stratégiques en Afrique: France et Grande Bretagne)intervienn ent
au
Darfour en utilisant les forces de l'Onu.
Donc le Darfour dépasse le seul cadre soudanais, et il convient
désormais que les autorités africaines prennent leurs responsabilité s
et cessent de suivre les propos et les actes occidentaux dont les
seuls objectifs sont l'exploitation des ressources du continent, et
cela par tous les moyens.
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