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Elections 2010 : le parti UPRONA
lève
finalement le coin de voile sur son joker
Après la saga de candidatures déjà publiées
par une douzaine de partis politiques burundais pour briguer
la magistrature suprême, le parti UPRONA vient, à son
tour, de dissiper le mystère qui pesait autour de son éventuel
joker en jetant son dévolu sur le Docteur Yves Sahinguvu.
L’actuel premier vice-président de la République
s’engage désormais à concourir sous les couleurs
de l’historique parti UPRONA, pendant les élections
présidentielles du 28 juin prochain. Il a été désigné à l’issue
d’une réunion du Comité central du parti, organisée
le 2 mai à Bujumbura dans les enceintes de l’Office
burundais du caf é, OCIBU.
Candidat unique à la candidature, après le désistement
d’un certain Eric Ndayishimiye (cadre à l’Assemblée
Nationale), Yves Sahinguvu promet solennellement de ne pas
décevoir
son parti. « Il m’est déjà arrivé de
refuser le poste de ministre de la Santé, pour ne pas violer
la constitution, je dois vous dire que je reste le même homme
politique, fortement attaché au respect de la loi, garante
de la République », a confié le candidat de
l ’UPRONA, dans la fraîcheur de sa désignation.
L’enthousiasme est manifeste chez les Upronistes. Et dans
l’hypothèse où le parti rencontrerait l’assentiment
massif de l’électorat, il promet de déterrer
tous les dossiers compromettants qui ont tristement émaillé cette
législature CNDD-FDD. « Notre projet de société s’articule
sur 49 points et si nous sommes élus, nous comptons directement
organiser un audit général de l’Etat durant
les cinq dernières années afin de traquer et débusquer
les truands qui ruiné le pays et mettre définitivement
un terme à la gangrène de corruption, de violation
des droits humains, de mauvaise gouvernance, de détournement éhonté des
deniers publics, etc. », affirme l’honorable Bonaventure
Niyoyankana, Pr ésident
de l’UPRONA.
Aujourd’hui, les pronostics sont prometteurs pour ce parti
doublement requinqué par le flux de nouveaux adhérents
qui décrochent dans les autres partis et par le retour au
bercail des militants de l’ancienne aile dissidente communément
attribuée à l’ancien président de l’UPRONA,
Charles Mukasi. Ce parti du Prince Louis Rwagasore s’est
déjà doté d’un excellent programme de
campagne et de reconstruction de la nation. Du béton tout
simplement, à en croire ceux qui en ont eu la primeur avant
la véritable campagne qui, théoriquement, démarre
le 5 mai. L’UPRONA prouvera à coup sûr son inoxydabilité.
Pourvu que les différents acteurs jouent franc jeu démocratique.
Car le succès ou l’échec du processus électoral
dépendra inéluctablement de l’engagement responsable
de tout un chacun. Ainsi, la population devra-t-elle rester sereine
et soudée. Pour ne pas retomber dans les affres de la mort
massive et cruelle, de l’errance et de la douloureuse séparation,
indubitablement consécutives à la folie de violences
et l’auto-extermination à une échelle dangereusement
génocidaire.
Chacun a en effet sa part de responsabilité. Ainsi, la population
burundaise doit se refuser de baisser la garde et plutôt
faire montre d’une attitude hautement citoyenne, en refusant
de céder à toute sollicitation essentiellement dangereuse
ou frauduleuse.
Comme d’aucuns l’ont déjà recommandé à plusieurs
reprises, la Commission électorale nationale indépendante
(CENI), devra, de son côté, se sublimer pour être
absolument irréprochable, au dessus de la mêlée
et de tout soupçon, afin de garantir un pilotage magistral
de tout le processus électoral.
A l’instar d’un arbre qui cache la forêt, tout
un chacun a l’œil rivé sur les faits et gestes
du Gouvernement. Pour zoomer son moindre comportement partisan.
C’est ainsi qu’il est astreint à la neutralité,
même vis-à-vis du parti présidentiel qui ne
fait plus mystère de son envie de s’incruster au pouvoir
en dépit de l’énormité et de la multitude
des ses gaffes pendant cette législature.
Les acteurs politiques burundais, en particulier les candidats,
ne seront pas en reste : ils doivent être uniquement mus
par une bonne vision politique , développer le sens d’un
leadership irréprochable capable de mobiliser des masses
autour d’un programme et non d’intempestifs marchands
d’illusions. En outre, comme le pays a l’avantage de
compter encore, dans les rangs de ses dignitaires, un chapelet
d’anciens Chefs de l’Etat, ils devront exercer sagement
une pression sur le Gouvernement afin que les résultats
des prochaines échéances électorales reflètent
réellement la volonté du peuple comme ce fut le cas
antérieurement, précisément sous leur responsabilité.
Ce chapitre des responsabilités ne saurait se clore sans évoquer
la part de la société civile et de la communauté internationale.
En dépit des griffes acérées du parti présidentiel
qui souhaite le rester, les organisations de la société civile
doivent redoubler de vigilance pour dénoncer tout dérapage
et autre acte de fraude ou de tripatouillage des résultats
des cinq scrutins attendus. Quant à la pointilleuse communauté internationale,
elle devra se refuser d’avaliser tout de go un candidat faussement élu,
fût-il le président sortant. Cela permettrait sans
doute au Burundi d’éviter le ridicule et/ou le drame
kényan, zimbabwéen, etc..
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