LETTRE A SON EXCELLENCE JACOB ZUMA du 28 mai 2004: EXIGENCES DE LA DIASPORA TUTSI DU BURUNDI
TRANSMIS COPIE POUR INFORMATION A:
S.E M. Nelson ROLIHALAHLA Mandela
A Son Excellence Monsieur Jacob ZUMA
Vice-Président de la République Sud-africaine et Médiateur
A JOHANNESBOURG
CONCERNE: Exigences de la diaspora tutsi du Burundi.
Excellence Monsieur le Vice-Président,
Nous apprenons qu’en préparation d’un nouveau Sommet
des Chefs d’Etat de la Région sur le Burundi, vous allez recevoir
une délégation de haut niveau du Gouvernement du Burundi.
La diaspora de la Communauté tutsi du Burundi a décidé de
Vous faire part de ses graves préoccupations quant à la tournure
des événements politiques dans son pays et exprime sa conception
d’une bonne gestion politique du Burundi à court et à long
terme.
Après sa réunion tenue à Bellevue en Suisse du 20 au
22 mai 2004, la diaspora de la Communauté tutsi voudrait Vous mettre
devant Vos responsabilités pour que, plus tard Vous ne disiez pas
que Vous ne saviez pas.
En effet, les Communautés hutu et tutsi du Burundi forment une société profondément
divisée par un conflit de nature politico-ethnique comme l’Accord
d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation l’a bien souligné.
Le génocide et ses corollaires qui opposent les Communautés
tutsi et hutu du Burundi de 1965 à nos jours recommande la mise en œuvre
d’une démocratie adaptée à ces réalités
propres à notre pays.
Au lieu de se contenter de copier des systèmes démocratiques
qui ont fait leur preuve dans des pays où la situation socio-politique
est convenable, les Burundais doivent inventer un système démocratique
qui respecte et rassure les communautés tutsi et hutu en conflit répétitif
depuis quatre décennies.
Pour la diaspora de la Communauté tutsi du Burundi, il s’agit
d’organiser une gouvernance qui assure une représentativité rassurante
pour chacune de ces communautés en conflit, et cela grâce aux élections
démocratiques au sein de chacune d’elles. Des élections
qui ne tiendraient pas compte des intérêts vitaux des communautés
ethniques seraient antidémocratiques et dangereuses. Elles consacreraient
l’intolérance et la menace d’extermination au détriment
de la Communauté numériquement minoritaire.
La diaspora de la Communauté tutsi dénonce les effets dévastateurs
de la mauvaise gouvernance qui tolère l’impunité des
nombreux crimes dont sont régulièrement victimes les membres
des différentes communautés ethniques du Burundi. Elle demande
en outre que la vérité soit faite sur le génocide des
Batutsi, les massacres et les assassinats politiques perpétrés
au Burundi depuis des décennies.
Ainsi, Nous membres de la diaspora de la Communauté tutsi,
Nous exigeons que des sanctions soient prises à l’endroit du
PALIPEHUTU-FNL qui continue à endeuiller le pays ;
Nous voulons un système politique basé sur la représentation
démocratique de chacune des communautés ethniques en conflit
au Burundi ;
Nous exprimons notre désapprobation devant l’éventuelle
tenue d’élections qui ne tiennent pas compte de l’environnement
rassurant et de la sécurité des populations burundaises ;
Attirant Votre attention sur notre préoccupation face aux menaces
d’extermination qui continuent à peser gravement sur les survivants
du génocide des Batutsi du Burundi, nous demandons que soient respectées
les pratiques de co-gestion et d’alternance politico-ethniques à tous
les niveaux de responsabilité administrative, y compris au sommet
de l’Etat ;
Nous réaffirmons, en définitive, notre détermination à peser
de tout notre poids pour que les garanties de représentativité découlant
de l’Accord d’Arusha soient incorporées dans la constitution,
la loi communale et le code électoral de notre pays.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Vice-Président, l’expression
de nos sentiments respectueux.
Pour LA DIASPORA DE LA COMMUNAUTE TUTSI DU BURUNDI